Intelligence artificielle

5 conseils aux pros de l'IT pour sauver leur job à l'ère de l'IA

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Les informaticiens vont-ils eux-aussi perdre leur emploi et être remplacés par des intelligences artificielles? Certains oui, d’autres non. The Enterprisers Project livre cinq pistes à suivre pour être épargné.

(Source: gorodenkoff / iStock.com)
(Source: gorodenkoff / iStock.com)

Les études pleuvent sur la menace que fait peser l’émergence de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Les acteurs de la finance s’en inquiètent, la technologie redéfinit le rôle des conseillers clientèle, des projets sont même lancés pour créer des IA luttant contre les IA dévoreuses de travail… mais qu’en est-il des professionnels de l’IT? Alors que la transformation numérique bat son plein et qu’ICT-Formation professionnelle Suisse prédit une pénurie d’informaticiens, ces profils seraient-ils eux aussi menacés d’extinction par la toute puissance des algorithmes apprenants? Cela fait peu de doute pour le cabinet IDC dont une étude parue en mars dernier affirme que «l'intelligence artificielle change le visage de notre interaction avec les systèmes informatiques.» Une assertion soutenue par ces chiffres: «d'ici 2019, 40% des initiatives de transformation numérique utiliseront des services d'IA et d'ici 2021, 75% des applications d'entreprise utiliseront l'IA.»

Des perspectives susceptibles de générer chez les équipes IT un stress similaire à celui produit par les caisses automatiques sur le personnel des supermarchés. Pour rassurer sa communauté de CIOs anglophones, le site américain The Enterprisers Project a cherché auprès d’experts les moyens de ne pas se faire engloutir par cette vague. Cinq conseils en ressortent:

1. Se différencier

Les premières questions à se poser sont évidemment: «Un robot peut-il faire ce que je fais? Mon travail est-il reproductible par une IA?» Si la réponse est oui il est alors urgent de faire un pas de côté pour devenir celui qui gère la machine. Comprendre les tâches et créer les jeux de données qui viendront nourrir les algorithmes, identifier les améliorations possibles pour rendre les processus plus efficaces, développer et mettre en place des outils capables d’évaluer les résultats des automatisations… autant de rôles qui nécessitent encore un cerveau humain. Enfin, le professionnel qui aura su ajouter une corde «sécurité» à son arc de compétences IT s’en sortira sans doute mieux que les autres en ces temps où l’usage des données est devenu si sensible.

2. Se faire entendre

Autre moyen de sortir du lot: faire une veille active et tester des outils innovants pour être force de propositions sur de nouvelles technologies qui pourraient s’avérer utiles pour l’entreprise. Mais les experts interrogés par The Enterprisers Project vont plus loin. Selon le CIO de LogMeIn les membres de l’équipe informatique doivent se rapprocher du business et faire entendre leur voix, en chuchotant une nouvelle tendance à suivre à l’oreille des dirigeants mais aussi en sachant taper du poing sur la table pour refuser qu’une équipe métier sorte du cadre IT qu’ils ont défini à l’échelle de l’entreprise. Ceux qui s’en sortiront auront su évoluer «vers un rôle de conseiller/consultant de confiance [...] vers cette position de leadership stratégique», affirme Ian Pitt.

3. Savoir s’adapter

Il y a eu ceux qui ont accepté la virtualisation, puis ceux qui se sont mis aux applications conteneurisées, et les autres. Cela sera pareil pour l’IA, l’accélération en plus. L’adaptabilité et la capacité à adopter de nouveaux paradigmes permettront à des techniciens informatiques aujourd’hui de devenir les experts de la gestion et de l’utilisation des données ou de la conception de systèmes distribués de demain.

4. Apprendre un nouveau langage

Pour Jess Bracht, instructeur à la Fullstack Academy, coder restera la clef. Selon lui il faudra toujours des développeurs pour mettre au point les algorithmes apprenants et autres bots susceptibles de remplacer leurs collègues du helpdesk. Mais pour cela il faut qu’ils se plongent dans les technologies disponibles d’IA, de traitement automatique du langage naturel, de machine learning… Un point de vue également défendu par Marcel Salathé, directeur de l’extension school de l’EPFL que nous avions interviewé tandis que certains voient dans l’émergence des plateformes low-code (voire no-code) le début de la fin des codeurs.

5. Être humain

Intuition, esprit critique, créativité, empathie… autant de compétences que les intelligences artificielles ne sont pas prêtes à présenter. En effet une IA, aussi douée soit-elle pour remplir la tâche qui lui est assignée, sera absolument incapable d’en assumer une autre. C’est donc sur ce terrain que l’humain a encore de l’avance. Développer des compétences interpersonnelles, de leadership, de sensibilité managériale ou de communication avec les clients est ainsi un moyen de tenir la machine à distance.

Ces cinq conseils, Jim Johnson, vice-président de Robert Half Technology, les résume le plus succinctement possible: «faites preuve de créativité, d'innovation et d'envie d'apprendre.»

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