Comptage automatisé des voyageurs

Les CFF misent sur l'IA pour suivre l'affluence en temps réel

Les CFF collaborent avec la société zurichoise Parquery pour tester un système de comptage des voyageurs basé sur l'IA. La solution exploite les caméras de sécurité déjà installées dans les rames et traite les images localement. Son éventuel déploiement reste toutefois indécis.

(Source: Christian Meyer-Hentschel/Unsplash)
(Source: Christian Meyer-Hentschel/Unsplash)

Les CFF étudient une solution basée sur l'intelligence artificielle pour mesurer en temps réel le nombre de voyageurs à bord de leurs trains. Selon une information du Tages-Anzeiger, relayée par Le Temps (paywall), l'entreprise ferroviaire collabore avec la société zurichoise Parquery, spécialisée dans l'analyse d'images par IA, afin d'améliorer la précision de ses indications sur l'affluence.

Actuellement, les prévisions d'occupation reposent sur une combinaison de données historiques, de comptages automatiques et de facteurs contextuels. Ces estimations peuvent toutefois différer de la fréquentation réelle. Le projet vise à fournir aux voyageurs des indications plus proches de l'occupation réelle des trains.

Un comptage local et anonymisé

La technologie de Parquery utilise des algorithmes d'IA pour analyser les flux vidéo au niveau des entrées. Sur son site, l'entreprise explique que son système détecte l'ouverture des portes et compte automatiquement les voyageurs lorsqu'ils montent ou descendent à chaque arrêt. Ces données permettent ensuite de calculer l'occupation des différentes voitures au fil du trajet. Parquery revendique une précision de 98% et indique que la solution peut réutiliser les caméras de sécurité existantes, sans installer de capteurs supplémentaires dédiés au comptage.

Le traitement des flux vidéo est effectué localement sur un ordinateur edge installé dans le véhicule. Les données vidéo ne quittent ainsi pas le train: seules des données de comptage anonymisées et statistiques sont enregistrées. L'entreprise indique également pouvoir masquer en temps réel, avant leur traitement, les éléments susceptibles d'identifier une personne, comme les visages. Andrea Fossati, cofondateur et CEO de Parquery, précise au Tages-Anzeiger que la technologie ne recourt ni à la reconnaissance faciale, ni à des mesures biométriques, ni à l'identification des personnes.

Cette question avait déjà suscité des controverses en 2023, lorsque les CFF avaient été soupçonnés de vouloir installer des caméras à reconnaissance faciale dans les gares. L'entreprise avait alors démenti vouloir recourir à cette technologie. Elle avait ensuite renoncé à segmenter les usagers selon l'âge, le sexe ou la taille et modifié son appel d'offres. Pour le projet actuel, les CFF indiquent au Tages-Anzeiger qu'ils se concerteraient en amont avec le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence si un système automatisé de comptage des voyageurs devait être déployé.

Le projet reste toutefois au stade expérimental. Andrea Fossati indique au Tages-Anzeiger qu'une utilisation régulière dans les trains n'est pas envisagée avant 2029. De leur côté, les CFF précisent au quotidien alémanique qu'il s'agit encore d'une démonstration de faisabilité et qu'aucune décision n'a été prise quant à sa mise en œuvre.

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