Le Conseil des Etats refuse de faire de Twint un service public (update)
Le conseiller aux États socialiste Carlo Sommaruga a déposé en mars dernier une motion demandant de transformer Twint en service public et de supprimer les commissions facturées aux commerçants. Rejetée par le Conseil des États, la motion est liquidée.
Mise à jour du 22 juin 2026: Le Conseil des Etats a rejeté, par 32 voix contre 9 et une abstention, une motion de Carlo Sommaruga demandant une stratégie pour transformer Twint en service public et de supprimer les commissions facturées aux commerçants.
Le sénateur socialiste genevois estime que l’application est devenue une infrastructure de paiement centrale en Suisse. Il a en particulier critiqué les commissions facturées aux commerçants, avec des rabais non publiés pour certains grands distributeurs. Lors du débat au Conseil des Etats, Fabio Regazzi a reconnu que les frais pesaient sur les PME, mais a rejeté l’idée d’une nationalisation. Le sénateur tessinois privilégie davantage de concurrence, des règles plus transparentes et l’intervention des autorités de la concurrence.
La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a également défendu le rejet de la motion. Le Conseil fédéral mise plutôt sur le développement des infrastructures de paiement instantané de la BNS et sur l’examen, par la Comco, de la dénonciation déposée par Swiss Retail Federation concernant les commissions de Twint.
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News du 31 mars 2026: Le conseiller aux États Carlo Sommaruga (PS/GE) Carlo Sommaruga a déposé une motion demandant au Conseil fédéral de définir une stratégie pour que Twint devienne un service public, gratuit pour les commerçants. Le texte s’appuie sur le fait que la Confédération dispose du monopole de la monnaie depuis 1850 et met l’argent liquide gratuitement à disposition du public, malgré des coûts de production et de gestion qui se chiffrent en dizaines de millions de francs.
Une utilisation coûteuse pour les commerces
L’auteur de la motion souligne que plus de 70% des transactions financières s’effectuent aujourd’hui par voie électronique, contre seulement 30% en 2017. Dans le même temps, l’utilisation de Twint a été multipliée par plus de 225 en neuf ans d’exploitation. La plateforme représente désormais environ un quart des paiements électroniques en Suisse et près des deux tiers des paiements mobiles.
Si le service est aujourd’hui gratuit pour les particuliers, le texte relève qu’il demeure coûteux pour les commerçants. Twint facture en général 1,3% du montant de la transaction, un taux pouvant grimper jusqu’à 2% dans certains cas. L’importance de ces commissions a d’ailleurs poussé Swiss Retail à déposer une plainte auprès de la Commission de la concurrence.
Le modèle brésilien comme référence
Pour répondre à cette problématique, la motion propose que la Banque nationale suisse (BNS) reprenne la gestion, l’exploitation et le développement de Twint, aujourd’hui entre les mains des principales banques suisses et de SIX Group.
Le parlementaire cite également des modèles plus régulés en Singapour, Norvège et Suède, mais s’appuie surtout sur l’exemple du Brésil, où la plateforme PIX est pilotée par la banque centrale. Son lancement a permis d’imposer la gratuité des paiements entre particuliers et de plafonner les frais appliqués aux commerçants à 0,33% par transaction.