Discordances

TAF: l’abandon du logiciel libre est achevé

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L'informatique du Tribunal administratif fédéral a été définitivement transférée vers l'OFIT. En désaccord avec le TF, l’instance avait décidé en 2008 de conduire son IT de manière autonome, estimant qu'un environnement composé de produits Microsoft serait plus adapté à ses besoins.

C’est dans cet immeuble sis à St-Gall que le Tribunal administratif fédéral prendra ses quartiers à la mi-2012 (image de synthèse). Source: Eisbrecher
C’est dans cet immeuble sis à St-Gall que le Tribunal administratif fédéral prendra ses quartiers à la mi-2012 (image de synthèse). Source: Eisbrecher

Planifiée sur deux ans, la migration de l’informatique du Tribunal administratif fédéral (TAF) a été achevée, selon une information parue dans «Eisbrecher», le magazine de l’Office fédéral de l'informatique et de la télécommunication (OFIT). Depuis le début de l'année, c'est donc l'OFIT qui fournit toutes ses prestations IT à l’instance fédérale. Jusque-là, cette dernière avait son propre service informatique qu’elle partageait avec le Tribunal fédéral (TF), grand adepte de logiciels libres.

Le transfert à l'OFIT s'est réalisé dans le cadre de trois projets partiels. Le premier a comporté l'installation du nouveau réseau ainsi que le déploiement de 430 nouveaux clients Windows 7 (170 portables et 260 ordinateurs de bureau), avec, à la clé, la migration d'une plateforme open source vers des produits Microsoft, explique Eisbrecher. Un deuxième projet partiel a lui été consacré à l’exode de quelque 30 applications techniques (dictionnaires juridiques, logiciel de gestion de bibliothèque, etc.) sur les serveurs et clients de l'OFIT ainsi qu'à l'intégration de Juris, une application centrale d'administration de la justice. Lors d’une troisième étape, l'OFIT a créé de nouvelles pages internet et intranet pour le TAF.

L’open source débouté

En octobre 2008, le Tribunal administratif fédéral et le Tribunal fédéral s’étaient séparés en matière informatique. L'ensemble des juges du TAF avaient décidé que celui-ci n'aurait plus recours aux services du TF pour ses prestations IT. La solution informatique d’alors reposait sur une combinaison de logiciels libres et de programmes spécialement conçus à l'intention des tribunaux. Ceux-ci étaient en outre gérés et développés par des spécialistes internes.

Depuis son entrée en fonction le 1er janvier 2007, ces applications n'ont pas convenu à l’instance administrative, notamment le traitement de texte, jugé insuffisant en comparaison avec d'autres produits disponibles sur le marché. Après expertise, le TAF avait estimé qu'un environnement composé de produits standards Microsoft serait mieux à même de couvrir ses besoins. Ceci nonobstant une étude du cabinet PriceWaterhouseCoopers (PWC) qui chiffrait à 1,8 million l’économie annuelle réalisable dans le cas d’une informatique commune aux deux instances fédérales. Dans ce contexte, le TF avait réitéré sa volonté de conserver son rôle de précurseur dans l'utilisation des logiciels libres à l'intérieur de la Confédération, principalement en raison des avantages financiers importants à long terme.

Le TAF prévoit d'ores et déjà une nouvelle migration en collaboration avec l'OFIT. Elle interviendra avec le déménagement à St-Gall mi-2012. Composé de cinq cours et d'un secrétariat général avec un effectif de 70 juges et de 300 collaborateurs, il est le plus grand tribunal en Suisse.

 

 

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