Etude

On écrira bientôt aussi vite sur son smartphone que sur un clavier physique

Selon une étude menée par plusieurs instituts universitaires, dont l’EPFZ, l’écart de vitesse de frappe entre les claviers physiques et tactiles tend à s’amenuiser. Sans surprise, les jeunes de moins de 19 ans écrivent plus rapidement sur smartphone.

Pour écrire plus vite, les chercheurs recommandent d'utiliser deux pouces et d'activer l'autocorrection des mots. (Source: aalto.fi)
Pour écrire plus vite, les chercheurs recommandent d'utiliser deux pouces et d'activer l'autocorrection des mots. (Source: aalto.fi)

La vitesse de frappe sur les smartphones rattrape celle des claviers physiques, selon une étude réalisée par l’EPFZ, l’université Aalto (en Finlande) et l’université de Cambridge. L’enquête, menée auprès de 37’000 volontaires dans 160 pays, révèle que la vitesse de frappe en utilisant deux pouces est de 38 mots par minute (mpm), soit seulement 25% plus lente qu’en utilisant un clavier traditionnel. «Bien qu’il soit possible d’atteindre jusqu’à 100 mpm avec les claviers physiques, la proportion de personnes qui l'atteignent effectivement diminue et la plupart d’entre eux atteignent 35 à 65 mpm en moyenne», explique Anna Feit, chercheuse à l’EPFZ et coautrice de l’étude. La chercheuse prédit par ailleurs qu’à mesure que les gens deviennent moins habiles avec un clavier physique et que les technologies de frappe tactile s’améliorent, l’écart pourrait être comblé à un certain moment.

La vitesse de frappe a été mesurée à l’aide d’un test de dactylographie en ligne

La saisie semi-automatique ralentit la vitesse de frappe

L’étude souligne que l'utilisation d’un doigt ou de deux pouces pour écrire est déterminante pour la performance. Plus de 74% des gens tapent à deux pouces, ce qui offre une augmentation de vitesse très significative. De plus, l'autocorrection offre un avantage certain.

En revanche, la prédiction et les suggestions de mots semblent entraver la vitesse de frappe sur smartphones. «On considère souvent que les techniques de saisie semi-automatique aident les gens, mais nous avons découvert qu’en réalité, le temps passé à réfléchir aux suggestions de mots l’emporte souvent sur le temps nécessaire pour taper les lettres», explique le Dr Sunjun Kim, chercheur à l’université Aalto.

Différence générationelle

De plus, les jeunes de 10 à 19 ans tapent 10 mots de plus par minute que les adultes de plus de 40 ans. «Nous observons une jeune génération qui a toujours utilisé des appareils à écran tactile, et la différence par rapport aux générations plus âgées qui peuvent avoir utilisé des appareils plus longtemps, mais de types différents, est stupéfiante», constate Antti Oulasvirta, professeur à l'Université Aalto. Les participants déclarent passer environ 6 heures par jour en moyenne sur leur téléphone, ce qui explique leur rapidité à taper au clavier, selon les chercheurs. Enfin, avoir appris la dactylographie à dix doigts semble n'apporter aucun bénéfice lors du passage aux claviers tactiles.

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