Santé numérique

La cybersanté progresse: vite chez les hôpitaux, lentement chez les médecins

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Hôpitaux en tête, les acteurs de la santé numérisent et échangent de plus en plus d’informations sous forme électronique. L’exploitation du numérique dans les interactions avec les patients est en revanche poussive.

(Source: zen2000 / Fotolia.com)
(Source: zen2000 / Fotolia.com)

Le manque de partage d’informations entre les professionnels de la santé est un problème connu avec des effets sur la productivité et la qualité des soins. Heureusement les choses progressent, quoique lentement, selon l’étude Swiss eHealth Barometer 2019, réalisée par GFS pour le compte d’InfoSocietyDays.

Numérisation difficile dans les cabinets médicaux

La numérisation est particulièrement développée dans les hôpitaux. Rappelons que ces derniers devront introduire le dossier patient électronique dès 2020. Plus de 80% des établissements hospitaliers ont une stratégie numérique et presque tous disposent de systèmes informatiques pour gérer les données des patients.

La situation est plus nuancée du côté des autres acteurs de la santé. En 2019, seuls 56% des cabinets médicaux ont une solution logicielle permettant de gérer intégralement l’historique des patients, contre 46% en 2016. Un tiers d’entre eux ne sont en outre pas satisfaits de leurs systèmes qu’ils trouvent incomplets, complexes et lents. Des problèmes qui sont également relevés par le personnel hospitalier.

Beaucoup d’acteurs de la santé renoncent purement et simplement à s’équiper de systèmes numériques, en raison notamment du travail de remplacement et de saisie et parce que cela implique des tâches supplémentaires qu’ils ne peuvent facturer.

Echange de données entre acteurs de la santé

L’échange de données progresse également. Il est particulièrement développé chez les hôpitaux dont la plupart sont en réseau tant avec d’autres hôpitaux qu’avec les laboratoires. Mais c’est surtout l’échange de données de facturation entre hôpitaux et caisses maladie qui a progressé: 14% des établissements étaient connectés aux assureurs en 2009, alors qu’aujourd’hui c’est le cas pour 75% d’entre eux.

Du côté des médecins, la mise en réseau avance également mais à un rythme plus lent. Deux tiers des cabinets sont aujourd’hui en mesure d’échanger des données avec les laboratoires, contre moins de la moitié il y a dix ans.

Services online aux patients: peut mieux faire

Si la numérisation avance entre les professionnels de la santé, elle est très peu développée dans leurs interactions avec les patients - à l’exception notable des pharmaciens. Lorsque des services en ligne sont proposés, le succès est pourtant au rendez-vous. Ainsi par exemple, moins d’un cabinet sur dix permet aux patients d’accéder en ligne à leurs diagnostics, résultats de consultation et autres listes de médicaments. Quand ces fonctionnalités sont présentes, plus de la moitié des patients les emploient. Le phénomène est le même qu’il s’agisse de prise de rendez-vous chez le médecin, de possibilité de compléter les données de son dossier d’hôpital, ou de prolongation d’une ordonnance. Ces services sont prisés dans les cas où ils sont proposés…

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