Vision de l’IA

Mark Zuckerberg plaide pour une IA plus ouverte et un cadre réglementaire assoupli

Dans un texte consacré à l’avenir de l’IA, Mark Zuckerberg défend une diffusion massive de la «superintelligence personnelle». Il plaide pour davantage de modèles téléchargeables, des datacenters mieux acceptés localement et un cadre réglementaire plus souple, tout en appelant à renforcer la coopération avec Washington sur la sécurité.

Mark Zuckerberg, CEO de Meta (Source: Meta)
Mark Zuckerberg, CEO de Meta (Source: Meta)

Dans un long article consacré à l’avenir de l’intelligence artificielle, Mark Zuckerberg expose plusieurs conditions qu’il juge nécessaires pour diffuser largement ce qu’il appelle la «superintelligence personnelle». 

L’un des enjeux évoqués par Mark Zuckerberg concerne les data centers, dont la multiplication accompagne l’essor de l’IA et suscite des résistances liées notamment à leur consommation de ressources et à leur impact local. Mark Zuckerberg estime que leur développement doit davantage bénéficier aux communautés qui les accueillent. L’objectif affiché est de rendre ces infrastructures plus acceptables, condition nécessaire selon lui pour augmenter rapidement les capacités de calcul.

Le dirigeant de Meta défend par ailleurs une diffusion très large de ce qu’il nomme une «superintelligence personnelle», qu’il souhaite mettre à la portée de milliards de personnes et d’entreprises. Cette stratégie passe notamment par la publication d’un plus grand nombre de modèles pouvant être téléchargés et exécutés directement par les utilisateurs et les organisations, plutôt que de rester exclusivement accessibles via des services cloud centralisés. Mark Zuckerberg les présente comme des modèles open source. Une terminologie qu’il convient toutefois de nuancer, comme le souligne notamment le média spécialisé The Verge: plusieurs modèles chinois cités par le dirigeant de Meta sont plutôt des modèles «open-weight», tandis que les modèles publiés jusqu’ici par Meta ne répondent eux-mêmes pas, au sens strict, à la définition de l’open source.

Moins de contraintes, mais davantage de coopération avec Washington

Mark Zuckerberg demande également la mise en place d’un environnement réglementaire permettant aux acteurs américains de développer et de déployer plus rapidement leurs technologies. Il met notamment en garde contre des contraintes susceptibles, selon lui, de ralentir l’innovation et le déploiement des infrastructures nécessaires à l’IA. 

Cette volonté d’alléger certaines règles s’accompagne toutefois d’une demande de collaboration accrue avec les autorités américaines. Pour les systèmes les plus avancés et les risques de sécurité associés, Mark Zuckerberg considère qu’une coopération plus étroite entre entreprises technologiques et gouvernement est nécessaire. Une position qui articule ainsi ouverture technologique, accélération industrielle et coopération accrue avec les autorités sur les enjeux jugés les plus sensibles.

La vision du patron de Meta n’emporte pas l’adhésion de tous les observateurs. Dans TechCrunch par exemple, le journaliste Russell Brandom estime que Mark Zuckerberg passe largement sous silence les effets pervers qui alimentent déjà la méfiance envers l’IA. Il relève que les mêmes outils censés démocratiser l’accès au savoir ou au droit peuvent aussi faciliter la triche, le spam juridique ou d’autres usages indésirables. Selon lui, le dirigeant de Meta se distingue ainsi de Sam Altman ou Dario Amodei, qui accordent davantage de place aux risques dans leur discours public.

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