Yannick Bazin, Swiss IT Forum(s): «L’IA tire une grande partie du programme cette année»
Plus de 100 conférences, tables rondes et keynotes sont annoncées aux Swiss IT Forum(s), les 30 septembre et 1er octobre 2026 à Palexpo (Genève). Yannick Bazin, organisateur de l’événement, détaille les tendances qui façonnent cette cinquième édition.
Quels seront selon vous les principaux temps forts de cette édition 2026?
Les temps forts reposent une fois de plus sur la richesse du programme de nos grandes keynotes, tables rondes et conférences d'experts proposées par les exposants. Notre volonté est de proposer un panorama complet qui permet d'aborder l'IT sous tous ses angles, plutôt que de tout miser sur une technologie, une verticale ou un métier. C’est un parti pris que nous avons depuis le lancement des Swiss IT Forum(s).
Dans les échanges avec les exposants, les intervenants et les entreprises en amont de cette édition, quels sujets ont le plus gagné en importance par rapport à l’an dernier?
On ne va pas se mentir: c'est clairement l'IA qui tire une grande partie du programme cette année. Elle est devenue le sujet central dans la majorité des discussions préparatoires et irrigue la quasi-totalité des thématiques abordées par nos intervenants et exposants.
La souveraineté numérique figure cette année parmi les grandes thématiques. Constatez-vous une demande plus forte autour de ces sujets chez les entreprises romandes?
Pour être tout à fait honnête, ce n'est pas le sujet le plus central du programme des talks. Même si la souveraineté numérique suscite des débats théoriques intéressants, visiblement, les entreprises romandes privilégient avant tout des réponses très pragmatiques à leurs défis quotidiens d'efficacité, de coûts et de sécurité.
L’IA reste très présente cette année. Avez-vous fait évoluer les angles abordés par rapport à 2025?
Tout à fait. Quand on regarde le programme de plus près, on constate que l'on est globalement passé de la phase de prototypage à la mise en production. Mais ce passage ne se fait pas au même rythme pour tout le monde: chaque entreprise avance selon sa propre maturité, ses contraintes budgétaires et ses appréhensions. L'objectif est d'accompagner chacun là où il se trouve.
Le programme fait intervenir de nombreuses entreprises et organisations utilisatrices. Avez-vous voulu renforcer la place accordée aux retours d’expérience concrets?
Absolument, c'est indispensable. Je suis d'ailleurs très reconnaissant envers tous les speakers qui prennent de leur temps pour venir partager leur vécu. La valeur de ces interventions réside dans leur authenticité: ils partagent ce qui a fonctionné, leurs réussites, mais aussi leurs difficultés et leurs échecs. C'est ce qui rend ces retours d'expérience vraiment utiles. Nous aurons sur scène notamment l’UEFA, l’IMAD, le Groupe Mutuel, le Canton de Vaud, Lombard Odier, JP Morgan Chase, la RTS, les HUG, TAG Heuer, Visilab, The Honorable Merchant Group…
Avec plus de 100 conférences, tables rondes et keynotes en deux jours, comment construisez-vous le programme pour qu’il reste lisible et utile à des visiteurs aux profils très différents?
C'est un vrai travail d'équilibriste! J'essaie de répartir les thématiques de manière à éviter que deux sujets similaires se fassent concurrence à la même heure dans deux salles différentes. Avec l'expérience, nous arrivons à proposer un programme équilibré qui permet aux visiteurs d'assister à un maximum de conférences tout en leur laissant du temps pour aller à la rencontre des exposants sur leurs stands.
Après plusieurs éditions, voyez-vous évoluer les attentes des visiteurs? Arrivent-ils aujourd’hui avec des attentes ou des besoins plus précis qu’auparavant?
C’est ce que me remontent les exposants post-événement chaque année, même si je ne suis pas sur les stands pour mesurer directement leurs besoins. De plus, les indicateurs sont clairs: si les exposants reviennent fidèlement d'une année sur l'autre, c'est qu'ils y réalisent des rencontres très qualifiées. Les visiteurs arrivent avec des sujets précis et une vraie maturité dans leurs projets.
Dans un contexte où les décideurs IT disposent de nombreux webinaires, événements spécialisés et contenus en ligne, qu’est-ce qui fait encore la valeur d’un rendez-vous comme les Swiss IT Forum(s)?
Aujourd'hui, les webinaires s'essoufflent, je ne me souviens même pas du dernier auquel j’ai assisté. Les événements spécialisés, eux, fonctionnent bien (souvent organisés par un éditeur ou une société IT), tout comme le contenu en ligne qui apporte une vraie valeur ajoutée au quotidien. Le Swiss IT Forum(s) reste cependant le grand rendez-vous annuel de tout l'écosystème, toutes technologies confondues, avec cette fameuse transversalité dont je parlais au début ainsi que son indépendance. Quel que soit son profil, son métier ou la taille de son organisation, on repart d'ici avec des informations pertinentes et directement applicables. Et c'est aussi le plaisir de la rencontre physique: on est certain d'y croiser ses collègues et d'échanger directement avec son réseau. Les chiffres ne mentent pas puisque nous aurons le même nombre d’exposants (160) que l’an passé et, à ce jour, nous avons déjà plus de visiteurs inscrits que l’année dernière. C’est sans doute cela le meilleur indicateur qui prouve la valeur de l'événement.
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