IA incarnée

Étudiants, exosquelettes et gestes répétés: comment la Chine entraîne ses robots à la chaîne

Des centres publics dédiés à l’entraînement de robots humanoïdes se développent en Chine. Ces infrastructures s’appuient sur une main-d’œuvre jeune chargée de rejouer inlassablement des actions humaines du quotidien.

(Source: Andi - stock.adobe.com)
(Source: Andi - stock.adobe.com)

La Chine s’est lancée à fond dans la robotique humanoïde. Et pour combler les lacunes de l’IA incarnée, le pays met d’importants moyens sur la table. Des centres publics de collecte de données robotisées s’y multiplient, où des centaines de jeunes salariés reproduisent des gestes du quotidien équipés de casques de réalité virtuelle et d’exosquelettes, rapporte le média Rest of the World. Objectif: générer des données destinées à l’entraînement de robots humanoïdes.

De nombreux jeunes ont trouvé dans ce nouveau secteur une source de rémunération. A l'image d’un étudiant en informatique de 20 ans, cité dans l’article, qui travaille pour une start-up de robotique à Shanghai. Chaque semaine, il change de scénario: ouvrir un four à micro-ondes, plier des t-shirts, empiler des blocs de bois. Il répète les mêmes mouvements des centaines de fois par jour. Le robot placé à côté de lui enregistre ses gestes pour les reproduire. «On se considère comme des cyber-ouvriers. C’est un petit boulot correct, même si un peu monotone», a-t-il déclaré à Rest of the World, sous pseudonyme, n’étant pas autorisé à parler à la presse. 

Parmi les infrastructures majeures figure un centre à Pékin de 10'000 mètres carrés lancé avec la société Leju. Il simule 16 scénarios, dont une ligne d’assemblage automobile, une maison intelligente et un établissement de soins pour personnes âgées. 

Mutualisation des données

Ces initiatives visent à résoudre le manque de données exploitables par les entreprises du secteur. Les données standardisées générées peuvent être partagées à l’échelle nationale. Une mutualisation qui vise à bénéficier notamment aux start-up qui n'ont pas les moyens d’installer leur propre centre de formation.

Cette course à la collecte de données n’en soulève pas moins des interrogations au sein de la communauté scientifique, souligne encore l’article de Rest of the World. Les chercheurs en robotique débattent de la pertinence de l’enregistrement des mouvements humains, un processus coûteux, chronophage et difficile à faire évoluer à grande échelle, pour concevoir des robots pleinement autonomes. D’autres pistes sont à l’étude, comme le recours à des environnements de simulation numérique ou l’exploitation des données générées par des robots déjà déployés sur le terrain.
 

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