Première dans le canton de Vaud

La police de Morges déploie une IA pour automatiser la rédaction de ses rapports

La police de Morges utilise désormais Trinity, un outil d’IA développé sur mesure par la société vaudoise Deeplink. Alimenté par les données recueillies lors des interventions, il génère des projets de mains courantes et de rapports, ensuite relus et validés par les policiers.

(source: Deemerwha Studio/AdobeStock)
(source: Deemerwha Studio/AdobeStock)

A Morges, l’intelligence artificielle s’invite dans la rédaction des rapports de police. Depuis ce printemps, la cinquantaine de policiers de la Police région Morges (PRM) utilisent obligatoirement Trinity, un outil sur-mesure développé par la société vaudoise Deeplink, rapporte la Tribune de Genève et 24 heures (paywall).

Le système exploite notamment les informations consignées minute par minute par la centrale d’appel pendant une intervention pour générer une proposition de texte. Les agents peuvent enrichir ces données à l’aide de commentaires vocaux ou de photographies. Un cliché pris sur le lieu d’un accident peut par exemple être utilisé pour compléter la description de l’intervention.  

Les policiers peuvent également interroger l’outil pour identifier l’article du Code pénal ou d’un règlement communal correspondant à une infraction. Trinity intervient ainsi à la fois dans la rédaction et dans l’assistance à la qualification juridique. 

Un outil fermé et une validation humaine

Compte tenu de la sensibilité des données traitées, la PRM affirme avoir privilégié un fonctionnement en circuit fermé. David Stauffer, commandant de la PRM, indique que Trinity a été conçu «à partir de zéro» et «en vase clos» et qu’il fonctionne dans un réseau totalement fermé.

Les textes générés ne sont pas transmis automatiquement. La PRM affirme que les policiers les relisent systématiquement et vérifient notamment les dispositions légales citées dans les dénonciations. L’agent signe ensuite le document et en reste l’auteur. Selon David Stauffer, une analyse juridique menée en interne n’a identifié aucune contrainte légale empêchant le recours à l’IA pour générer ces rapports. 

«C’est le policier qui signe et qui en est l’auteur. Il est hors de question qu’un policier, face à un juge, déclare que l’IA a écrit le rapport plutôt que lui», souligne le commandant à la rédaction romande de Tamedia. 

Des gains de temps recherchés

Toujours selon les quotidiens romands, les déploiement vise notamment à réduire le poids des tâches administratives, qui peuvent représenter jusqu’à 40 à 50% du temps de travail des agents, selon David Stauffer. Le projet visait initialement un gain de 10% sur ces activités. Nicolas Bulliard, responsable de l’Unité accueil et appui à l’engagement, estime qu’une main courante nécessitant auparavant jusqu’à trente ou quarante-cinq minutes peut désormais être rédigée deux fois plus rapidement, voire davantage.

La PRM envisage déjà d’étendre l’usage de l’IA à la transcription d’auditions. La Police cantonale vaudoise utilise pour sa part l’IA pour transcrire automatiquement des auditions vidéo, avec vérification humaine, ainsi que des logiciels de reconnaissance d’images dans la lutte contre la cyberpédocriminalité. A Lausanne, la police municipale mène uniquement des tests ponctuels pour la transcription d’auditions.

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