Politique

Les 5 chantiers numériques du canton de Vaud

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Le conseil d’Etat vaudois veut faire de son canton un «territoire de la donnée», tout en luttant contre le risque d’une éventuelle «fracture numérique.» Il a ainsi présenté une stratégie en cinq volets ouvrant de nombreux chantiers, de l’éducation à la compétitivité, de la sécurité à la gouvernance.

Présidente du Conseil d'Etat, Nuria Gorrite a présenté la stratégie numérique du Canton de Vaud en compagnie de Cesla Amarelle, cheffe du DFJC et de Philippe Leuba, chef du DEIS. (Source: ARC Sieber)
Présidente du Conseil d'Etat, Nuria Gorrite a présenté la stratégie numérique du Canton de Vaud en compagnie de Cesla Amarelle, cheffe du DFJC et de Philippe Leuba, chef du DEIS. (Source: ARC Sieber)

Le conseil d’Etat vaudois compte sur les citoyens, les institutions et les acteurs économiques du canton pour s’emparer de la transformation digitale et il le fait savoir à travers un document sobrement intitulé Stratégie numérique et publié ce 29 novembre.

Avec ce livret découpé en cinq chapitres (données, infrastructure et sécurité, accompagnement des personnes, accompagnement des entreprises et gouvernance), le gouvernement cantonal refuse de voir son rôle réduit «à la mise en place d’une cyberadministration.» En quête de souveraineté et pour ne pas «confier [son] avenir à des multinationales», le conseil d’Etat exprime sa volonté de «profiter des nouvelles opportunités» mais aussi de «réguler pour éviter les dérives (notamment de l’ubérisation).» Soit. Mais concrètement ?

Open data et mobilité numérique

Un crédit d’étude de 395’000 francs a été sollicité pour «poser les fondements» d’une «politique publique de la donnée basée sur les principes de souveraineté et de sécurité.» En clair, l’Etat de Vaud souhaite se mettre à l’open data. Une cartographie des data centers du canton et la sensibilisation de la population, des entreprises et de l’Administration «aux bonnes pratiques et aux risques» sont ses deux autres priorités pour 2019. Côté infrastructures, l’accent est mis sur «une mobilité numérique efficace et intégrée.» Cet axe se déclinera sous la forme de multiples applications visant à faciliter la multimodalité, l’Etat se portant garant du bon usage qui sera fait des données des voyageurs. Dans ce cadre «une plate-forme d’intégration de l’innovation» sera créée au sein de la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR).

Soucieux du fossé qui pourrait se creuser entre des populations très numérisées et d’autres qui n’auraient pas accès aux nouvelles technologies, le gouvernement vaudois s’attachera à ce que ses actions soient inclusives. C’est l’un des enjeux principaux du volet «Accompagnement des personnes» de cette stratégie. Pour éviter l’apparition de cette fracture, le canton met le paquet sur l’éducation avec des projets pilotes déjà en cours dans 15 établissements pilotes (primaire, secondaire et enseignement spécialisé) pour tester différentes formes d’éducation numérique. Les hautes écoles et le milieu académique sont également mis à contribution pour que le plus grand nombre arrive dans la vie active en maîtrisant «les trois piliers» que sont la science informatique, l’usage des outils numériques et l’éducation aux médias.

Collaboration avec les autres cantons

Les milieux économiques ne seront pas pour autant délaissés. En effet le canton souhaite mettre à disposition des entreprises à la fois des données de l’Etat et des infrastructures numériques sécurisées, et ce dès 2019. Le lancement d’un programme d’impulsion pour des projets collaboratifs et innovants en lien avec la transition numérique est aussi envisagé.

Enfin, sur le dernier sujet qui est celui de la gouvernance, Vaud se tournera vers la Confédération, les autres cantons et les communes, pour mettre en place des actions concertées, avec notamment l’objectif «d’intégrer les nouveaux modes d’interactions avec la population et les entreprises que permet le numérique.» En premier lieu, le conseil d’Etat siégeant à Lausanne constituera une «Conférence latine des directeurs cantonaux du numérique», qui regroupera les responsables de la transformation digitale des différents cantons romands.

L'intégralité du document est à lire ici:

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