Master of Swiss Web 2018

Christof Zogg, CFF: «Nous avons dû migrer plus de 10’000 pages de contenus»

| mise à jour
par Interview: Marcel Urech

Les CFF se sont encore une fois imposés en remportant le titre de Master of Swiss Web 2018. Nos collègues de la Netzwoche se sont entretenus avec Christof Zogg sur les défis du relaunch de CFF.ch. Le Directeur Digital Business des CFF revient sur le projet et sur la collaboration avec les partenaires et avec le département IT.

Christof Zogg, Directeur Digital Business des CFF (Source: zVg)
Christof Zogg, Directeur Digital Business des CFF (Source: zVg)

Félicitations pour votre prix! Qu'est-ce que cela fait d'être Master of Swiss Web 2018?

Nous sommes très heureux et fiers d'avoir obtenu le Master. La reconnaissance de notre travail par les jurys d'experts est une grande satisfaction.

Que signifie ce prix pour les CFF?

Dans les grandes entreprises, de telles récompenses sont très importantes pour les équipes responsables. Souvent, personne ne peut vraiment juger à l'interne si le département digital fait un travail inadéquat, solide ou excellent. De nombreuses activités numériques sont encore très jeunes et il n'y a pas de repères établis. L'évaluation par un jury d'experts externes peut donner un signal important.

Les CFF ont coopéré avec Unic et One Inside (anciennement Inside Solutions) pour le relaunch du site web. Comment vous êtes-vous réparti le travail?

Unic était responsable de la conception du design UX et de la programmation front-end de notre site web et ils ont fait un excellent travail. La tâche était très exigeante: nous avions les plus hautes attentes en matière de responsiveness, mais l'affichage desktop du site web ne devait pas non plus ressembler à un écran d'app agrandi. Nous avons ainsi implémenté pas moins de 9 breakpoints, ce qui garantit un affichage optimal du site web sur toutes les classes d'appareils.

Voilà qui semble complexe...

Oui, CFF.ch est le plus grand site web suisse en termes de clients uniques. Nous avons dû migrer plus de 10 000 pages de contenu. La plupart du travail a été effectué par notre équipe de gestion des canaux de distribution, renforcée temporairement par des pigistes. One Inside était responsable du développement du back-end. Ce qui inclut des templates, des modules de contenu et la gestion des droits avec différents rôles et des douzaines d'utilisateurs back-end.

D'autres partenaires ont-ils participé au projet?

Une grande partie du travail a été effectuée par nos collègues de l'IT des CFF. Ils étaient responsables de la mise en œuvre technique de l'horaire en ligne et de la vente de billets. Les deux sous-systèmes fonctionnent en dehors d'Adobe Experience Manager, mais représentent plus de 80% du trafic de CFF.ch. L'IT est également responsable de la performance et de la haute disponibilité de CFF.ch.

En 2012, les CFF travaillaient encore avec les agences Namics et Maxomedia, mais plus maintenant. Pourquoi?

Le projet a fait l'objet d'un appel d'offres public et Unic l'a avait remporté de justesse devant Namics. Il est intéressant de noter que ces deux grandes agences avaient également une longueur d'avance en matière de créativité.

Pourquoi les CFF avaient-ils besoin d'un nouveau site internet?

Il y avait plusieurs raisons justifiant un relaunch complet plutôt qu'une simple refonte. Tout d'abord, il était nécessaire de combiner les environnements desktop et mobile distincts en un seul site web réactif. Deuxièmement, nous devions satisfaire aux exigences légales en matière d'accessibilité (WCAG 2.0). Troisièmement, l'apparence visuelle du site web commençait à sentir les années. L'objectif est de ne pas avoir à lancer un autre grand projet dans cinq ans. Mais notre réussite dépend aussi des innovations dans le domaine des technologies web. Il est clair que nous développons continuellement CFF.ch. Nous lançons actuellement de nouvelles fonctionnalités tous les un à deux mois qui génèrent des bénéfices directs pour le client.

Observez-vous les sites web des autres fournisseurs de transport public?

Bien sûr, nous suivons ce que le secteur des transports publics national et international fait sur le web. En général, cependant, nous nous concentrons moins sur les meilleurs de notre secteur et davantage sur les meilleurs projets web en général - les Big 5 (Facebook, Google, Apple, Amazon, Microsoft) à l'international et les Digitec and Co. en Suisse.

Les CFF utilisent de nombreuses sources de données. Comment l'avez-vous géré?

De fait, l'ancienne version de CFF.ch comprenait plus de 100 web services. Malheureusement, il n'existe pas de recette brevetée en la matière, mais seulement deux options : désactiver ou migrer le service. La seule chose que vous pouvez faire est d'avoir une gestion de projet solide comme le roc.

Comment les utilisateurs ont-ils réagi au nouveau site web ?

Contrairement aux applications, où la satisfaction se manifeste dans les évaluations, la rétroaction des utilisateurs en ligne doit être déterminée. Nos enquêtes peu avant et 3 mois après le relaunch montrent qu'ils sont satisfaits. C'est gratifiant si l'on considère que des millions d'utilisateurs ont d'abord dû s'habituer au nouveau design. Une mesure plus valable est fournie par les statistiques: après deux ans de stagnation, les ventes de billets en ligne ont augmenté de 12% depuis le relaunch.

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