L’IA s’installe solidement comme priorité chez les fournisseurs IT romands
Seuls 55% des fournisseurs IT romands jugent leur offre actuelle en IA suffisamment attractive. Dans ce contexte, ils sont huit sur dix à prévoir de lancer des services ou produits IA en 2026, notamment autour de l’IA agentique, dont le potentiel est clairement perçu.
L’intelligence artificielle figure toujours en tête des priorités identifiées par les analystes et les décideurs IT. Le cabinet Gartner la place au cœur de ses tendances stratégiques, qu’il décline en agents autonomes, modèles spécialisés et copilotes métiers. Les résultats de notre enquête menée l’automne dernier auprès de CIO suisses confirment cet intérêt: plus des trois quarts des responsables interrogés considèrent l’IA comme une priorité.
Alors que l’IA générative s’impose, les ambitions les plus marquées s’observent chez les grands fournisseurs internationaux. Les hyperscalers multiplient en effet les investissements pour soutenir la montée en puissance de leurs modèles. Et la cadence s’accélère: un mois seulement après GPT‑5.1, OpenAI a dégainé GPT‑5.2 pour pouvoir rapidement riposter à Gemini 3 de Google.
Trois quarts des prestataires croient en l’IA agentique
Dans ce contexte, quelles dynamiques observe-t-on chez les prestataires et fournisseurs IT romands? Mené auprès de 172 entreprises, notre sondage annuel montre un large consensus sur le potentiel de l’IA: 91% la considèrent comme une opportunité. Cette conviction, qui progresse même très légèrement par rapport à 2024, confirme que l’enjeu ne réside plus dans la légitimation de l’IA, mais dans sa structuration en offres viables et déployables à grande échelle.
L’IA agentique, qui pour rappel se réfère à des assistants proactifs capables d’agir de manière autonome, suscite elle aussi passablement d’intérêt, avec trois quarts des répondants la considérant comme une opportunité. Si 71% du panel anticipent des gains de productivité grâce à ces agents autonomes, cette proportion reste nettement inférieure à celle observée pour l’IA en général, qui recueille 90% d’adhésion.
L’IA reste une offre à renforcer
Seuls 55% des fournisseurs jugent leur offre actuelle en IA comme suffisamment attractive. Ce chiffre marque une légère progression par rapport à 2024, signe d’un mouvement d’amélioration, mais aussi d’un marché encore en construction. Cette perception s’accompagne d’une intention claire de renforcer les offres: 82% prévoient de développer des services IA en 2026 et 79% de lancer des produits intégrant l’IA. Des retours qualitatifs viennent compléter cette lecture. Plusieurs prestataires expliquent que les clients demandent des cas d’usage concrets, axés sur la réduction des coûts ou l’augmentation des ventes. Or, les investissements restent souvent tactiques et limités, freinés par une maturité perçue comme encore insuffisante chez les entreprises locales. La complexité croissante des modèles économiques crée en outre de l’incompréhension côté client, des validations budgétaires plus lourdes et des cycles de vente plus incertains. L’IA agentique illustre aussi cette ambivalence. Car si 70% des répondants estiment que ces offres pourraient être décisives pour rester concurrentiel, seuls 25% se déclarent pleinement convaincus sur ce point. Et près de la moitié redoutent que les bénéfices des agents IA profitent surtout aux grands fournisseurs IT étrangers. En Suisse romande comme ailleurs, une adoption plus large de la GenAI et de l’IA agentique repose certainement sur la capacité à délivrer des solutions concrètes, alignées sur les besoins exprimés par les clients.