intelligence artificielle

Pour les entreprises suisses, l’IA n’est pas encore pour tout de suite

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Deux tiers des professionnels suisses interrogés par MSM Research sur l’intelligence artificielle considèrent que ce n’est pas une priorité. Une posture à risque selon l’expert Schaffhousien du marché IT.

(Source: Jessica Lewis on Unsplash)
(Source: Jessica Lewis on Unsplash)

«C'est peut-être simplement la nature suisse: attendre, observer, apprendre», commentent, espiègles, les auteurs de l’étude intitulée «Le marché suisse de l'intelligence artificielle» menée par MSM Research pour le compte de Swisscom. Un flegme provoqué par le fait que pour deux tiers des personnes interrogées au sein de 51 entreprises suisses, l’intelligence artificielle n’est pas une priorité. Et pourquoi en faire une priorité, «puisque seule une entreprise sur cinq s'attend à ce que l'intelligence artificielle devienne une réalité dans sa propre industrie d'ici un à deux ans.»

Pour justifier cet état de fait, près de 60% des professionnels interrogés considèrent ne pas disposer en interne du savoir-faire nécessaire à la prise en main de cette nouvelle technologie. Pour pallier ce manque de compétence en interne, les entreprises qui s’intéressent au sujet mais se sentent dépourvues ont tendance à se tourner vers des partenaires plus expérimentés qu’elles: d’autres entreprises, des universités ou des start-up. Seuls 15,7% des sondés répondent ainsi «Nous aborderons la question nous-mêmes.»

Un manque de compétences… et d’envie

Si ce manque de compétences est un réel obstacle au déploiement de l’IA, les deux autres freins les plus cités sont plus idéologiques: près de la moitié des répondants ne voient simplement comment ils pourraient en tirer parti dans leurs activités et quasiment autant considèrent que la technologie n’est pas mature. Or, regrette MSM Research, dans un monde où la réactivité et la personnalisation sont devenus des facteurs essentiels de succès, «l'intelligence artificielle et les produits et services associés offrent d'excellentes occasions de cibler de nouveaux marchés et segments de clientèle.» En effet, l’IA est l’outil rêvé pour automatiser les processus opérationnels et ainsi réagir au plus vite face aux besoins des clients.

«Cela nous rappelle nos premières études dans le domaine de la numérisation», concluent les analystes, décidément très taquins face à tant de réticence. Ils rappellent toutefois qu’il «est préférable de commencer en faisant de petits pas et des boucles itératives plutôt que de s'arrêter ou de s'aventurer (trop) tard, puis trop vite en territoire inconnu.»

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