Conservatisme

L’IT n’est pas vue comme un moteur d’innovation par les entreprises suisses

| mise à jour
par Rodolphe Koller

Selon une nouvelle enquête de Deloitte, les CIO suisses sont particulièrement frileux dans leur adoption de nouvelles technologies et l’IT n’est pas un moteur d’innovation de leur entreprise.

En comparaison internationale, les responsables informatiques suisses sont très conservateurs, d’après une enquête réalisée par le cabinet de conseil Deloitte. La priorité numéro un des CIO helvètes pour les 12 mois prochains est au maintien des services IT existants. La conduite d’une stratégie digitale étant reléguée en sixième position de leur agenda.

L’innovation oui, mais pas informatique

Conformément aux facteurs de compétitivité de la Suisse, deux tiers des CIOs interrogés par Deloitte jugent que l’innovation est un élément clé de la stratégie de leur entreprise. 78% d’entre eux estiment en outre avoir une vue claire sur la façon dont l’IT peut contribuer à cette innovation. En revanche, seul un tiers des CIO indiquent que la fonction IT est le moteur de l’innovation dans leur organisation. Les priorités IT, le manque de ressources et les contraintes budgétaires sont les principaux freins à l’innovation évoqués par les CIO.

Frilosité face aux nouvelles technologies

Le conservatisme des CIO suisses se reflète également dans leur adoption de nouvelles technologies en vogue par rapport à leurs collègues étrangers. Les responsables IT du pays explorent actuellement des technologies telles que les applications mobiles, le big data ou les médias sociaux, mais ils n’ont en général pas démarré de projets pilotes ou de déploiements. La frilosité face aux nouvelles technologies est particulièrement marquée dans le domaine du cloud public, puisque seul 10% des CIO sondés y recourent, contre 23% en moyenne internationale. Sans surprise, la protection et la législation des données suisses constituent le premier motif invoqué pour ne pas adopter des services de cloud public, devant même l’absence de business case.

Le conservatisme a du bon

Les auteurs de l’étude soulignent toutefois qu’une attitude conservatrice n’est pas forcément une mauvaise chose. Il évite notamment de se ruer sur des technologies en vogue amenant souvent leur lot de déceptions. C’est aussi une approche correspondant à ce que le business demande traditionnellement à l’IT: contrôle, réduction des coûts et delivery consistante.

Mais le conservatisme des responsables IT présente aussi des risques, avertit Deloitte. Car il n’est pas aisé de passer d’un modèle orienté sur le contrôle à un modèle orienté sur l’innovation. De plus, le manque d’innovation rend ces organisations peu attractives pour les personnes les plus talentueuses en technologies.

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