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Kudelski annonce un Netflix pour les salles de cinéma

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La multinationale suisse Kudelski veut faire voler en éclat le traditionnel modèle de distribution des films avec myCinema, plateforme web de diffusion de contenus variés à destination des propriétaires de salles obscures.

(Source: Mammut Vision / Fotolia.com)
(Source: Mammut Vision / Fotolia.com)

Nagravision, la filiale spécialisée dans les solutions digitales pour la télévision du groupe vaudois Kudelski, s’attaque au marché du cinéma. L’entreprise multinationale dont le siège est à Cheseaux-sur-Lausanne a annoncé ce 12 avril qu’elle présentera, à la fin du mois lors du CinemaCon 2018 de Las Vegas, une offre à destination des propriétaires de salles obscures pour «leur apporter l’agilité du monde Internet», selon André Kudelski, son PDG.

Avec cette solution baptisée MyCinema, Nagra invite les gérants à utiliser leurs salles pour proposer des contenus bien plus larges que les films à l’affiche: oeuvres anciennes, événements sportifs en live, concerts, productions locales… L’entreprise leur promet qu’ils augmenteront ainsi leur audience. Le service sera accessible via une plate-forme internet et sera augmenté d’une application de fidélisation à travers laquelle les cinéphiles pourront exprimer leurs souhaits de programmation. «Grâce à l’analyse de données basée sur l’intelligence artificielle, myCinema identifie les tendances spécifiques à la communauté locale d’un cinéma et recommande des contenus ciblés», assure André Kudelski.

S’il n’est pas clair sur le modèle économique, le communiqué laisse apparaître que les propriétaires de salles paieront d’un côté pour cette distribution tandis que de l’autre les créateurs de contenus paieront pour être présents sur la plateforme. Selon Pierre Lescure, président du Festival de Cannes mais aussi membre du Conseil d’Administration du Groupe Kudelski, cette tentative de transformation du modèle de distribution sera «d’abord américaine.»

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