La relève suisse en cybersécurité manque de compétences en IA
L’ère de l’IA impose de nouvelles exigences aux spécialistes de la cybersécurité. Pour contrer des attaques assistées par l’intelligence artificielle, les défenseurs doivent eux aussi maîtriser ces technologies. Des enquêtes internationales montrent que l’esprit critique et la capacité à évaluer les résultats produits par l’IA figurent désormais parmi les compétences les plus recherchées. Or, elles font particulièrement défaut chez les profils débutants.
Les exigences auxquelles doivent répondre les spécialistes de la cybersécurité sont aujourd’hui élevées: ils doivent savoir utiliser des outils basés sur l’IA et des systèmes autonomes, tout en étant capables d’en évaluer les résultats de manière critique. Le secteur peine à trouver des professionnels disposant de ces compétences, indique Cisco en se référant à un rapport de l’AI Workforce Consortium, une initiative du secteur privé. Selon cette étude mondiale, la demande de spécialistes de la cybersécurité augmente de 10% par an. Des aptitudes telles que le discernement éthique et la pensée systémique sont particulièrement recherchées.
Les entreprises recrutent toutefois principalement des collaborateurs expérimentés. Selon Cisco, le nombre d’offres d’emploi pour des postes seniors a progressé de 65% entre octobre 2025 et mars 2026, contre seulement 5,9% pour les postes juniors. Cisco explique cette évolution par le fait que «les qualifications traditionnellement attendues des débutants ne suffisent plus à répondre aux exigences en rapide évolution des équipes de sécurité modernes, tandis que de nombreuses tâches routinières sont désormais prises en charge par l’IA».
Une autre enquête de Cisco, menée notamment auprès d’environ 200 cadres et spécialistes suisses de la cybersécurité, confirme ce déficit de compétences chez les personnes en début de carrière. De nombreux répondants déplorent un manque d’expérience pratique avec les agents IA (51%), une expertise technique insuffisamment approfondie (42%) et l’absence de compétences telles que l’esprit critique (39%).
Cisco appelle par conséquent à renforcer de manière ciblée la formation des spécialistes de la cybersécurité. «Pour que la technologie puisse réellement contribuer à la sécurité, nous devons investir dans les personnes qui la pilotent», déclare Christopher Tighe, General Manager de Cisco Suisse. «La manière dont nous formons la prochaine génération de spécialistes de la cybersécurité contribuera à déterminer la résilience de l’économie suisse à l’ère de l’IA.»
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