Portrait

Kyos, plus de vingt ans d’évolution portés par la cybersécurité et le collectif

Fondée à Genève en 2002, Kyos s’est développée au fil des transformations de la cybersécurité, des réseaux à la protection des données. L’entreprise s’appuie aujourd’hui sur un modèle collectif, une forte proximité avec ses clients et des expertises qui couvrent aussi bien les services managés que les besoins cyber les plus spécialisés.

Chez Kyos, les mots donnent déjà le ton. Il n’est pas question de managers hiéarchiques, mais de collègues et d’associés. Un vocabulaire qui traduit la place accordée au collectif dans une entreprise née, elle aussi, d’une aventure partagée. Camarades d’école devenus amis, Fabien Jacquier et Maxime Feroul pratiquent ensemble l’alpinisme avant de décider de se lancer dans l’entrepreneuriat. «On avait envie de l’aventure de l’entrepreneuriat, et de la partager ensemble», résume Fabien Jacquier.

Le choix des services informatiques s’impose en raison de leur goût commun pour la technologie et le contact avec les clients. Celui de la cybersécurité répond à l’attrait d’un secteur qu’ils imaginent alors en renouvellement permanent. En 2002, Kyos voit le jour à Genève.

À l’époque, la protection informatique repose encore largement sur le périmètre du système d’information, avec les pare-feux en première ligne pour contrôler les flux entrants et sortants. Kyos recrute toutefois dès ses débuts des spécialistes du hacking éthique, afin de suivre aussi bien l’évolution des techniques d’attaque que celle des moyens de défense.

Au fil des années, les frontières du système d’information deviennent moins nettes. Les infrastructures s’ouvrent et les données se dispersent dans le cloud. Kyos fait alors évoluer son approche vers la «data-centric security», qui place la protection de la donnée au centre, notamment autour des identités, du chiffrement et de la tokenisation.

La croissance se poursuit par étapes. En 2009, le rachat de Spacecom fait entrer Grégory Roux parmi les associés, avant l’arrivée de Vincent Vuillemin. En 2013, la fusion des deux structures formalise un rapprochement déjà engagé et permet de réunir les fonctions de support informatique et la force commerciale.

Deux ans plus tard, Kyos ouvre un bureau à Saint-Gall. L’entreprise apprend alors à travailler à distance, dans une autre langue et un autre environnement culturel. Le site développe notamment des compétences dans la protection des données, tout en soutenant les activités de Kyos en Suisse alémanique.

Grandir sans managers

Le tournant le plus important intervient en 2018, lorsque Kyos supprime sa structure hiérarchique et distribue le pouvoir de décision entre les collaborateurs. Les équipes peuvent ainsi avancer sans attendre systématiquement une validation interne, un fonctionnement qui, selon les fondateurs, renforce leur implication et le sentiment d’appartenance.

À mesure que l’organisation gagne en autonomie, l’activité s’élargit elle aussi. Kyos revendique aujourd’hui plus de 500 clients, dont environ 140 lui confient la gestion complète ou partielle de leur infrastructure. Ses experts interviennent aussi auprès d’administrations, de banques et de multinationales sur des besoins allant des réseaux à la gestion des identités et à la protection des données.

Cette dernière expertise prend une importance croissante avec la migration des informations sensibles vers le cloud. Lancée il y a un an, Kustodyan remplace certaines informations par des tokens afin de limiter les conséquences d’un éventuel vol.

Kyos reste toutefois tournée vers le marché suisse. «Notre métier est le service: la proximité compte, la confiance aussi.» L’entreprise entend désormais poursuivre une croissance organique sans devenir un grand groupe. Plus de vingt ans après une aventure commencée à deux, l’enjeu est de continuer à grandir sans perdre le modèle collectif sur lequel elle s’est construite.

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