Protection des données

Google exploite désormais les adresses IP européennes et suisses pour personnaliser les publicités

Depuis le 3 août, Google exploite les adresses IP des utilisateurs de l'EEE, du Royaume-Uni et de la Suisse pour mesurer et personnaliser les publicités. Ce changement intervient dans un contexte de surveillance accrue des pratiques de suivi publicitaire en Europe et marque une évolution de la position de Google sur le fingerprinting, qu’il critiquait encore en 2019.

(Source Muhammed Ensar/Pexels)
(Source Muhammed Ensar/Pexels)

Google a informé les annonceurs que ses services publicitaires font désormais appel aux adresses IP des utilisateurs de l'Espace économique européen (EEE), du Royaume-Uni et de la Suisse pour la mesure et la personnalisation des publicités. Une évolution entrée en vigueur le 3 août, rapporte BleepingComputer.

Selon le média spécialisé, Google indique dans une communication adressée aux annonceurs qu'il collecte déjà ces adresses IP via ses balises, ses kits de développement (SDK), les requêtes HTTP et d'autres mécanismes nécessaires à la diffusion des publicités. Elles servent désormais également à identifier les appareils à des fins de mesure et de personnalisation publicitaire.

Google prévoit également d'enregistrer cette utilisation dans le cadre du Transparency and Consent Framework (TCF) de l'IAB Europe, sous la fonctionnalité «Identify devices based on information transmitted automatically». Cette fonctionnalité concerne notamment l'identification d'un appareil à partir des informations qu'il transmet automatiquement, dont l'adresse IP. Google indique également aux annonceurs que le consentement des utilisateurs reste requis pour les finalités de personnalisation publicitaire.

Selon Google, cette évolution s'inscrit dans une stratégie reposant sur plusieurs technologies de protection de la vie privée, notamment le traitement local des données, les environnements d'exécution sécurisés (Trusted Execution Environments) et le calcul multipartite sécurisé (Secure Multi-Party Computation). L'entreprise précise également que certaines fonctions de personnalisation basées sur l'adresse IP seront déployées plus tard cette année ou au début de l'année prochaine. Les utilisateurs des services Google disposeront alors d'une option leur permettant de gérer cette forme de personnalisation.

Un changement sous l'œil des régulateurs

Dans l'Espace économique européen, au Royaume-Uni et en Suisse, les adresses IP sont considérées comme des données personnelles, rappelle BleepingComputer. Leur utilisation pour identifier un appareil déclenche dès lors des obligations en matière de consentement prévues par les législations européennes et britanniques sur la protection des données. En Suisse, la révision Loi sur la protection des données (nLPD), reconnue par la Commission européenne comme offrant un niveau de protection adéquat, encadre également le traitement de ces données.

BleepingComputer relève enfin que l'utilisation des adresses IP pour identifier un appareil constitue un élément du fingerprinting. Ce changement marque une évolution de la position de Google sur cette pratique. En 2019, l'entreprise estimait que le fingerprinting privait les utilisateurs d'un contrôle comparable à celui offert par la suppression des cookies. Fin 2024, elle a toutefois levé l'interdiction qu'elle imposait aux annonceurs concernant cette pratique, une décision qui avait alors été critiquée par l'Information Commissioner's Office (ICO) du Royaume-Uni.

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