Prévoir le climat des vignes jusqu’en 2090 grâce à une app suisse
Une application mobile développée par l’Université de Genève et Agroscope aide les viticulteurs à anticiper le climat futur de leur domaine en identifiant les régions qui vivent déjà aujourd’hui des conditions similaires.
Une nouvelle application mobile, conçue par des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE) et d’Agroscope, aide les professionnels de la vigne à se préparer aux effets du changement climatique. L’outil permet de savoir à quoi ressemblera le climat d’un vignoble dans 20, 30 ou 50 ans.
La méthode repose sur le concept des «analogues climatiques», précise l’UNIGE dans son annonce. Si le climat futur d’un vignoble est comparable au climat actuel d’un autre, ce dernier peut servir de point de référence. Les viticulteurs peuvent ainsi s’informer sur les pratiques déjà mises en œuvre dans ces régions pour adapter les leurs. Par exemple, une vigne située à Dardagny (Genève) devrait, selon l’application, connaître en 2070 un climat similaire à celui de Saint-Matré, dans le sud-ouest de la France.
Disponible sur iOS et Android, l’application «Analogues climatiques – Vignes» couvre 57 régions viticoles et plus de 20’000 parcelles à travers l’Europe, avec des projections climatiques jusqu’en 2090.
Six indicateurs bioclimatiques clés
Les prévisions sont établies à partir des données régionales du programme CORDEX (Coordinated Regional Climate Downscaling Experiment), associées à la base de données Corine Land Cover pour localiser précisément les vignes. L’outil modélise six indicateurs bioclimatiques clés, incluant les risques de gel, les vagues de chaleur ou encore les maladies comme le mildiou.
Les chercheurs ont publié leur étude dans la revue «Agricultural and Forest Meteorology». «Les indices liés à la température entraînent principalement des déplacements nord–sud et en altitude des analogues climatiques, tandis que les indices liés aux pathogènes, intégrant l’humidité et les précipitations, provoquent des déplacements est–ouest. Ces influences contrastées montrent qu’il est essentiel d’intégrer tous les indices pertinents pour identifier correctement les analogues climatiques», précise Stéphane Goyette, maître d’enseignement et de recherche au Département de physique appliquée de la Faculté des sciences et à l’Institut des sciences de l’environnement (ISE) de l’UNIGE, et coauteur de l’étude.
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