Etude

Les entreprises suisses sont au début de leur transformation numérique

| mise à jour
par helenel

Expérience client, appétit du risque, utilisation des outils collaboratifs... Les entreprises suisses ont encore beaucoup d'effort à faire pour atteindre la maturité numérique, exception faite de celles du secteur technologique.

(Quelle: Hwong Chang Ching)
(Quelle: Hwong Chang Ching)

Deux études récentes prouvent que de grands progrès sont encore à réaliser pour que les entreprises suisses atteignent la maturité numérique. La première menée à la Haute école d'économie de Zurich (HWZ) analyse les entreprises sur la base de deux critères leur utilisation des technologies numériques en termes d'expérience client d'une part et au niveau des activités opérationnelles d'autre part. L'étude aboutit à un constat: «56% des entreprises suisses sont des dinosaures numériques.» L'auteur de l'étude et responsable du CAS Social Media Management à la HWZ, Sven Ruoss, explique que ces entreprises ne sont en effet qu'au début de leur transformation numérique, à la fois dans le domaine de l'expérience client, mais aussi opérationnel. A l'inverse, 26% des entreprises suisses sont considérés comme des «maîtres numériques» dans le sens que leur transformation numérique est bien avancée sur les deux domaines.

Face à ces constats, les défis d'une transformation numérique sont élevés. Sven Ruoss constate que plus de la moitié des entreprises estiment que c'est une étape cruciale à la réussite de leurs affaires d'ici à 2017. Mais les entreprises considèrent qu'elles vont devoir faire face à des limites importantes et en particulier les contraintes de leur système IT, le manque de moyens financiers ou encore la méconnaissance de ces technologies par les dirigeants de l'entreprise. Ces trois défis sont cités par près de la moitié des personnes interrogées.

Les banques et assurances manquent d'expertise numérique

Dans le Digital Transformation Report 2015, l'Université de Saint-Gall évalue de son côté la maturité numérique des entreprises en fonction de leur secteur d'activité sur la base de critères tels que la collaboration, la culture et l'expertise des outils numériques. Il en ressort, sans surprise, que ce sont les sociétés de l'industrie de l'information et de la communication qui ont atteint le plus haut niveau de maturité. Elles sont très rapidement en contact avec les technologies, elles ont la culture et les compétences nécessaires pour les utiliser, en outre, le plus souvent, elles ont un appétit pour le risque élevé et une culture de l'erreur ouverte.

Deuxième secteur à faire preuve de plus de maturité numérique: les banques et les assurances. Néanmoins, elles sont soumises à des exigences réglementaires particulièrement strictes, ce qui a tendance à limiter la numérisation des processus. Elles ont donc des efforts à faire dans l'utilisation des outils collaboratifs, mais aussi au niveau de la culture et de l'expertise des outils digitaux. Pour les auteurs, «cela suggère que tous les collaborateurs et dirigeants financiers n'ont pas encore pris la mesure de l'urgence et de l'importance de la transformation numérique.»

Les écoles et les administrations font en revanche figure de mauvaises élèves de la maturité numérique. L'innovation reste ici balbutiante notamment dans le domaine du e-learning. La transformation numérique n'y est encore qu'au stade de projet.

Autre aspect considéré par les auteurs de l'étude, la taille. Les PME (moins de 100 collaborateurs) s'en sortent mieux que les grandes entreprises. Les auteurs de l'étude expliquent cela par une plus grande tolérance au risque, une culture d'erreur ouverte et une plus grande affinité aux solutions digitales.

Une stratégie clairement définie et présentée

Le Digital Transformation Report 2015 livre aux entreprises plusieurs enseignements pour réussir leur transformation numérique. D'abord les collaborateurs de l'entreprise ne peuvent l'initier seuls. Les dirigeants des entreprises doivent prendre la mesure de l'importance des technologies et de leur impact sur la conduite des affaires. Ils sont les seuls à même de fournir les ressources nécessaires à de tels changements. La vision doit être claire, intégrée à la stratégie de l'entreprise et présentée aux collaborateurs. Les cadres intermédiaires doivent eux-aussi s'impliquer dans cette transformation. Au plus près des collaborateurs, ils auront à agir en tant que «digital leader pour la mise en œuvre concrète, non seulement de la stratégie mais aussi de la culture de transformation numérique», explique l'étude. En étant partie prenante à cette transformation, les collaborateurs prendront plaisir à intégrer les nouvelles technologies dans leur quotidien et à travailler ensemble à la réussite de ce projet. 

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