en collaboration avec Alp ICT

Des tablettes dans les cartables des écoliers?

| mise à jour
par Hélène Lelièvre

Le remplacement des manuels scolaires papiers par des versions électroniques interactives présente de nombreux avantages tant d’un point de vue économique et écologique, qu’au niveau éducatif. En Suisse comme dans le reste du monde, des acteurs des TIC ont vu le jour pour accompagner les éditeurs dans cette mutation.

Le logiciel développé par la startup fribourgeoise Publiwide permet d’enrichir le contenu d’un livre avec des éléments interactifs, par exemple une définition. (Quelle: Screenshot)
Le logiciel développé par la startup fribourgeoise Publiwide permet d’enrichir le contenu d’un livre avec des éléments interactifs, par exemple une définition. (Quelle: Screenshot)

Depuis quelques années, les initiatives se multiplient dans le domaine des manuels scolaires numériques. Ainsi, en janvier, la marque à la pomme a dévoilé trois nouveaux logiciels et des partenariats pour faire de l’iPad, l’outil des salles de classe de demain. Par ailleurs, une section «Manuels Scolaires» a d’ores-et-déjà été ouverte sur la version américaine du magasin iBooks. Autre exemple, l’éducation nationale française expérimente, depuis la rentrée 2009, l’utilisation des manuels scolaires numériques dans des écoles d’une vingtaine de département. De son côté, la Turquie a promis que d’ici quatre ans, tous les élèves viendront en cours avec pour seul cartable, leur tablette électronique. Et le projet a déjà été lancé puisqu’en février dernier, 10 000 élèves et 2 500 enseignants ont chacun reçu une tablette. Il faut dire que le manuel scolaire numérique, associé à un tableau blanc interactif et à une connexion à internet, permet une approche totalement nouvelle de l’enseignement grâce à l’apport de ressources multimédias (images, sons, vidéos, archives…). En Suisse aussi, les éditeurs commencent à offrir des compléments numériques à leurs manuels papiers.

Apple bouscule le marché des manuels scolaires

Le marché de l’édition de manuels scolaires numériques est en pleine effervescence. De nombreuses expérimentations sont en cours chez les différents éditeurs et plus particulièrement aux Etats-Unis. La bataille sur le format fait rage, comme l’explique Sébastien Dubuis, directeur de Publiwide, une startup fribourgeoise active dans le domaine de l’édition électronique de livres scolaires: «Différents modèles et donc formats s’opposent, le format ePub3 qui semble commencer à s’imposer et quelques autres formats propriétaires notamment celui d’Apple ou d’Inkling.» Une bonne nouvelle pour le fondateur de la startup fribourgeoise: «Jusqu’ici les éditeurs n’étaient pas trop pressés de passer au manuel interactif numérique. L’annonce d’Apple en janvier dernier va accélérer le développement de ce marché. La rentrée 2012 va voir naître une offre de manuels scolaires numériques assez importante surtout aux Etats-Unis. Apple a lancé un grand coup de pied dans la fourmilière et les éditeurs vont devoir se positionner.» Il estime en outre que des investissements vont être engagés pour développer des manuels qui vont au-delà du simple PDF imprimé. «Les contenus vont réellement devenir plus interactifs, et nous pouvons aider les éditeurs dans la refonte de leurs manuels vers du contenu dynamique.» Publiwide a en effet développé un logiciel qui permet de transformer des manuels destinés à l’impression en livres dynamiques enrichis. Pour cela, elle utilise comme base les PDF. Elle cherche maintenant à s’imposer sur le marché. Fin 2011, elle a contacté le centre fri-tic (centre de compétence cantonale responsable des aspects en lien avec les médias et les TIC dans le domaine de l’enseignement) pour lui proposer d’évaluer son produit. Cette solution devait en outre permettre à des enseignants de comparer deux méthodes d’enseignements du français. Sans compter que l’utilisation des manuels numériques aurait évité la livraison d’ouvrages aux écoles concernées. Mais il a jusqu’ici été impossible de réaliser cette évaluation, car le Centre fri-tic n’a pour l’heure pas encore reçu l’autorisation d’utiliser les fichiers numériques.

Vers un nouveau modèle économique?

En effet, mettre en œuvre cette solution impose de disposer des droits numériques, comme l’explique Nicolas Martignoni, responsable du centre fri-tic: «La question des droits numérique doit être réglée de manière exemplaire. Pour passer au manuel numérique, il ne faut pas casser un autre modèle économique. Les éditeurs doivent aussi s’y retrouver. Nous travaillons à sensibiliser les autorités à la problématique du numérique et notamment à la nécessité d’inclure les droits numériques lors de la négociation d’un nouveau moyen d’enseignement.» Il n’en est pas moins optimiste pour autant: «Je pense personnellement que le manuel numérique va petit à petit s’imposer dans les écoles. Cela dépendra notamment de la pression que la société va mettre sur l’école. Mais il faut aussi réfléchir à tous les aspects que cela comporte et notamment la gestion et la protection des données personnelles des élèves, le merchandising sur internet et le coût.» En effet, si les manuels numériques seront au fil des années économiquement rentables pour les éditeurs en raison de coûts de mise à jour et d’impression limités, il n’en demeure pas moins que l’investissement de départ est énorme pour l’enseignement public. Outre l’équipement des classes et des élèves, il faudra aussi former les enseignants à ces nouvelles méthodes.

 

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