Risques liés à l’IA

L’IA accentue les cyberrisques dans la région DACH

par Joël Orizet et NetzKI Bot et traduction/adaptation ICTjournal

Les entreprises d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse signalent davantage d’incidents de sécurité et des pertes financières plus élevées que la moyenne mondiale. L’IA joue un rôle particulièrement important: selon une enquête, elle a contribué à près de deux tiers des derniers incidents de sécurité dans la région DACH.

(Source: Frank Gärtner / stock.adobe.com)
(Source: Frank Gärtner / stock.adobe.com)

Les entreprises de la région DACH ont signalé en moyenne 51 incidents de sécurité au cours des douze derniers mois, contre 41 à l’échelle mondiale. Selon une enquête menée par Sapio Research pour le compte de Fastly auprès de 2’000 décideurs IT impliqués dans la cybersécurité, dont 200 dans la région DACH, les conséquences financières sont également plus importantes dans cette région. L’incident le plus grave a représenté en moyenne une perte de 3,23% du chiffre d’affaires, contre 2,7% au niveau mondial.

Les entreprises d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse mettent également davantage de temps à se remettre d’un incident de sécurité. Selon l’enquête, leur rétablissement complet prend en moyenne 6,7 mois, contre 6,1 mois à l’échelle mondiale

L’IA devient un facteur de risque

L’intelligence artificielle intervient également dans une part importante de ces incidents. Parmi les répondants de la région DACH, 65% déclarent que l’IA a contribué à leur dernier incident de sécurité, contre 64% au niveau mondial. Par ailleurs, 77% des entreprises concernées dans la région DACH rapportent avoir subi au moins une cyberattaque au cours des douze derniers mois pour laquelle elles estiment que les attaquants ont utilisé l’IA. Cette proportion atteint 75% au niveau mondial.

Dans le même temps, les entreprises accélèrent leur propre adoption de l’IA. Parmi les répondants d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse, 79% qualifient leur organisation d’«AI-first», contre 74% à l’échelle mondiale. Pourtant, près d’une entreprise sur deux estime ne pas être suffisamment préparée aux risques liés aux applications d’IA et aux API.

Le shadow AI reste très répandu

L’utilisation d’outils d’IA non autorisés demeure largement répandue. Dans la région DACH, 92% des répondants estiment qu’au moins certains collaborateurs utilisent des applications telles que ChatGPT, Copilot ou Midjourney sans autorisation formelle, une proportion similaire à celle observée au niveau mondial.

Ce phénomène de «shadow AI» contraste avec le sentiment de maîtrise affiché par les entreprises: deux tiers des répondants de la région DACH pensent que leur organisation est capable de détecter et de contrôler les outils d’IA non autorisés. À l’échelle mondiale, 75% partagent cet avis.

Les accès automatisés aux sites web et aux API par des services d’IA et des bots préoccupent également les entreprises. Dans la région DACH, 81% des répondants font état de conséquences liées au scraping de leurs sites web ou de leurs API, notamment des perturbations opérationnelles (43%) ainsi que des incidents de sécurité ou des fuites de données (39%). À l’échelle mondiale, 80% signalent des répercussions liées à ce type de scraping effectué par des outils d’IA.

L’IA accroît la pression sur les infrastructures

Fastly fait également état d’une hausse des coûts d’infrastructure liée au scraping par l’IA. Parmi les répondants de la région DACH, 89% indiquent que leurs coûts d’infrastructure ont augmenté au cours des douze derniers mois. Ils chiffrent cette hausse à environ 324’000 livres sterling en moyenne. Au niveau mondial, 86% signalent une augmentation, de quelque 257’000 livres en moyenne.

Les équipes de sécurité ressentent elles aussi les effets de cette évolution. Dans la région DACH, un peu plus de la moitié des répondants déclarent que l’IA a accru la pression sur les équipes existantes (52%) et renforcé le besoin de compétences spécialisées (51%). À l’échelle mondiale, les répondants font état de tendances similaires, avec respectivement 47% et 53%.

Les résultats mettent surtout en évidence un dilemme: les entreprises accélèrent le déploiement de l’IA tout en étant confrontées à des risques de sécurité supplémentaires, à une hausse des coûts d’infrastructure et à des exigences accrues pour leurs équipes de sécurité. Les réponses ne permettent toutefois pas de conclure que l’IA est à elle seule responsable de la hausse des pertes financières ou de l’allongement des délais de rétablissement.

Méthodologie

L’enquête a été menée en ligne par Sapio Research en septembre 2025, sur invitation par e-mail, auprès de responsables de la cybersécurité travaillant dans des entreprises de plus de 250 collaborateurs. Fastly indique pour les résultats DACH une marge d’erreur de ±6,9 points de pourcentage, avec un niveau de confiance de 95%.

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