Les assistants IA créent un nouveau défi de visibilité pour les entreprises suisses
ChatGPT, Gemini, Perplexity et Google AI Mode ne mettent pas en avant les mêmes entreprises suisses. Une étude de Repliq révèle que les recommandations générées par les assistants IA varient fortement selon les sources utilisées et la manière dont ils répondent aux utilisateurs, ouvrant un nouveau front pour la visibilité numérique des entreprises.
ChatGPT, Gemini, Perplexity et Google AI Mode ne recommandent pas toujours les mêmes entreprises suisses. Une étude menée par l'entreprise genevoise Repliq à partir de 1'248 mesures réalisées met en évidence d'importants écarts de visibilité entre assistants IA. L'analyse, consacrée aux recommandations d'hôtels dans quatre destinations suisses, a recensé 3539 établissements dans les réponses générées. Pourtant, seuls 26 hôtels apparaissent sur les quatre moteurs analysés.
Interrogé par la rédaction, Xavier Mercier, fondateur de Repliq, estime que cette faible convergence montre qu'«il n'existe pas une visibilité IA unique». Les écarts observés s'expliquent notamment par les sources privilégiées par chaque moteur. ChatGPT s'appuie davantage sur Wikipedia que les autres outils analysés: l'encyclopédie représente 11,6% de ses citations, contre 0,4% pour Google AI Mode. Pour Xavier Mercier, ces différences reflètent davantage les sources mobilisées par les assistants que la qualité intrinsèque des entreprises concernées. «Un hôtel sans article Wikipedia est presque absent de ChatGPT, alors qu'il ressort sur Gemini via son site officiel ou des guides spécialisés.»
Les assistants ne se distinguent pas uniquement par les sources qu'ils utilisent, mais aussi par leur manière de répondre aux utilisateurs. Google AI Mode pose des questions de clarification dans près d'une réponse sur deux, contre 30% pour ChatGPT. Gemini le fait beaucoup plus rarement, tandis que Perplexity répond directement dans les cas observés.
Quels contenus les IA citent le plus souvent
Les sites officiels constituent la première catégorie de sources citées, avec 34,7% des références relevées, devant les plateformes de réservation en ligne de type Booking.com (26,6%) et Wikipedia (4,4%). À l'inverse, la presse et les réseaux sociaux occupent une place relativement limitée dans les réponses générées.
Repliq observe également que les contenus intégrant un balisage Schema.org sont associés à un nombre plus élevé de citations. Les pages consacrées à un spa, à un séjour en famille ou à l'organisation de séminaires figurent par ailleurs parmi les contenus les plus fréquemment cités. Selon Xavier Mercier, cette tendance montre que les assistants répondent davantage à des questions précises qu'à des requêtes générales.
Un nouveau défi pour les entreprises
Ces enjeux dépassent le secteur hôtelier. La même méthode peut être utilisée pour mesurer la visibilité d'une banque, d'un assureur ou d'une autre entreprise suisse dans les réponses générées par les assistants IA. Les conséquences d'une absence ou d'une représentation inexacte peuvent notamment être plus importantes dans des secteurs comme la finance ou l'assurance. En Suisse, la dimension linguistique ajoute une difficulté supplémentaire. «Un acteur peut être très présent en allemand et absent en français.»
Contrairement aux moteurs de recherche traditionnels, les assistants IA ne proposent pas d'équivalent direct à Google Search Console permettant de suivre cette visibilité. Repliq indique combler ce manque en interrogeant régulièrement les interfaces publiques des assistants à partir de prompts représentatifs, puis en analysant les réponses obtenues. «Une mesure unique ne dit presque rien, car ces moteurs reposent sur un modèle probabiliste», explique le fondateur de Repliq.
Selon l'entreprise genevoise, cette approche ne remplace pas le SEO traditionnel mais en prolonge la logique. L'objectif n'est plus uniquement d'apparaître dans les résultats d'un moteur de recherche, mais aussi d'être cité et recommandé par les assistants IA. Repliq prépare désormais des observatoires similaires pour les secteurs de la banque, de l'assurance et du commerce de détail.
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