Enquête universitaire

Les outils d’IA sont désormais omniprésents dans les hautes écoles romandes

Une enquête menée par la HES-SO et l’Université de Fribourg montre que l’IA générative est désormais massivement utilisée par les étudiants et les enseignants. Les répondants réclament toutefois davantage de cadre et de soutien institutionnel.

(Source: Mikhail Nilov/Pexels)
(Source: Mikhail Nilov/Pexels)

Une enquête conduite au printemps 2025 au sein des hautes écoles de la HES-SO et de l’Université de Fribourg, auprès d’étudiants et de membres du corps enseignant, confirme que l’intelligence artificielle générative fait désormais partie du quotidien académique. Plus de 98% des personnes interrogées déclarent se sentir à l’aise avec ces outils, parmi lesquels ChatGPT arrive largement en tête, suivi notamment de Copilot, Gemini, DALL-E ou DeepSeek. Plus de trente outils différents ont été cités.

Près de trois quart des étudiants recourent à l’IA quotidiennement ou plusieurs fois par semaine. La proportion est comparable chez les enseignantes et enseignants, dont 65% déclarent la même fréquence d’usage. Environ la moitié des répondants disent y recourir depuis un à deux ans et 21% depuis encore plus longtemps.

Une utilisation jugée critique et réfléchie

L’étude montre que les usages diffèrent selon les profils. Le corps enseignant mobilise surtout l’IA pour la traduction, la génération d’idées, la recherche et la structuration de cours. Les étudiants l’utilisent principalement pour améliorer leur compréhension disciplinaire, rédiger et éditer des textes, brainstormer, traduire ou documenter un sujet.

Le communiqué souligne un haut degré d’esprit critique. Ainsi, 61% des enseignants comparent systématiquement les résultats de l’IA à leurs propres connaissances et 57% les utilisent comme base pour approfondir des recherches. Chez les étudiants, près des deux tiers confrontent les réponses de l’IA à leurs propres idées et plus d’un sur deux s’en sert pour mieux comprendre un thème. Seuls 8% déclarent reprendre directement des textes générés. Ces résultats «contredisent l’idée que l’IA serait principalement utilisée pour produire rapidement des textes non retravaillés», relèvent les institutions.

Entre gain d’efficacité et préoccupations éthiques

Parmi les préoccupations majeures figurent l’intégrité académique, la préservation des capacités cognitives, l’éthique, la protection des données, le droit d’auteur et l’impact environnemental. Le coût de certains outils constitue également un frein. Plusieurs répondants mentionnent enfin un manque de clarté des règles internes.

L’enquête met en évidence un besoin important de soutien structuré. Seules 23% des étudiantes et étudiants déclarent recevoir aujourd’hui des conseils pratiques pour l’usage de l’IA. Du côté du corps enseignant, seulement 28% estiment bénéficier d’un appui suffisant de la part des services pédagogiques, alors que 70% souhaiteraient davantage d’accompagnement.

La très grande majorité des répondants exprime par ailleurs le souhait que les institutions mettent gratuitement des outils d’IA à disposition, clarifient les règles applicables pour les examens et travaux de fin d’études, proposent des formations continues régulières et définissent une stratégie institutionnelle explicite en matière d’intelligence artificielle. Les auteurs de l’enquête relèvent enfin que l’essor de l’IA remet en question certaines formes d’évaluation et de pédagogie, ce qui appelle une adaptation des curriculums.

Méthodologie

Au total, près de 800 étudiants et 362 enseignants ont participé à cette enquête menée dans le cadre des projets DigitalSkills@Fribourg et EduKIA, financés par swissuniversities. Le rapport complet est accessible en ligne sur le site de la HES-SO.

L’actualité IT en Suisse et à l’international, avec un focus sur la Suisse romande, directement dans votre boîte mail > Inscrivez-vous à la newsletter d’ICTjournal, envoyée du lundi au vendredi!
 

Tags
Webcode
ypKnepoc