CV en ligne

Des solutions plus intelligentes pour marier candidats et recruteurs

| mise à jour
par Corine Fiechter

Longtemps considéré comme la porte d’entrée incontournable du recrutement, le CV a du plomb dans l’aile. Pour rendre le processus plus intelligent, éviter la surcharge de candidatures et valoriser les compétences, des start-up suisses ont développé des applications innovantes. Mot d’ordre: profile matching.

(Quelle: Eldorajob)
(Quelle: Eldorajob)

Les responsables RH sont souvent submergés de candidatures ne correspondant pas vraiment à leurs besoins, en même temps qu’ils peinent à identifier des candidats potentiels en interne. Partant de ce constat, la start-up genevoise EldoraJob a lancé une application éponyme.

L’idée de base? Plutôt que de rédiger une annonce détaillée, le recruteur crée un profil du poste à pourvoir reposant sur les compétences requises pondérées – hard skills et soft skills –, ainsi que sur d’autres exigences spécifiques (langues, formation, expériences, etc.). Même approche du côté des candidats: exit le CV et la lettre de motivation pour chaque poste, puisque la personne ne crée son profil de compétences qu’une seule fois. Tout comme l’entreprise, le candidat peut rendre anonymes certaines informations (nom, photo, logo etc.). Une interface établit ensuite les adéquations entre postes et profils sur une carte.

Seuls les profils (pour le recruteur) ou les postes (pour le candidat) ayant atteint le taux minimal de matching requis apparaissent alors sur la carte, à des distances plus ou moins éloignées selon le taux d’adéquation. Recruteurs et candidats peuvent alors entrer en contact s’ils le désirent. Pour Sylvain Mossière, co-fondateur et Directeur d’EldoraJob: «Contrairement aux portails classiques basés sur du matching par sémantique (ndlr: interprétation de mots-clés dans les annonces et CV), EldoraJob calcule le matching par compétences, selon un catalogue que nous avons établi et testé avec Kelly Services Suisse.»

Renforcer sa crédibilité grâce à la communauté

D’autres start-up suisses s’intéressent aussi à la recherche de compétences, mais proposent des approches différentes. Avec son app Facebook, Silp exploite ainsi un algorithme de matching qui associe les profils des candidats avec les offres d’emploi. La plateforme Stablish.me met quant à elle les hard et les soft skills en avant sous forme de badges, que les membres de la communauté peuvent s’attribuer les uns les autres de façon ludique.

Une approche qui vise à renforcer la crédibilité des compétences ainsi attestées par des tiers, amis et collègues notamment. Les exigences requises pour un poste vacant étant également représentées par des badges, un algorithme vient ensuite comparer les badges personnels avec ceux des emplois à pourvoir. Pour visualiser le descriptif complet d’un poste, il suffit pour le candidat intéressé de cliquer sur «I’m interested».

Des modèles d’affaires différents

Le marché du recrutement sur la base des compétences intéresse aussi les grands réseaux sociaux eux-mêmes: LinkedIn en tête, mais aussi Facebook qui testerait actuellement une section dédiée aux professional skills. Les plateformes EldoraJob et Stablish.me sont d’ailleurs toutes deux également accessibles sur ces réseaux.

Elles ont cependant des modèles d’affaires assez différents. Financée pour l’heure grâce au crowdfunding, Stablish.me fonctionne sur un principe similaire à celui des chasseurs de tête, puisque les entreprises peuvent notamment lui confier des mandats de recherches de candidats et payer pour des leads, c’est-à-dire des propositions de profils pertinents. A l’instar d’EldoraJob, l’inscription est en revanche gratuite pour les candidats.

EldoraJob propose quant à elle sa solution sous deux formes: soit en mode installé pour que les grandes entreprises en fassent usage à l’interne, soit en mode SaaS ouvert au public. «Eldorajob est avant tout une solution de gestion des talents en interne, qui permet par exemple d’identifier des backups ou des besoins de formation. Nous venons d’ouvrir la plateforme au public, ce qui permet désormais de visualiser autour d’un poste à pourvoir non seulement les talents internes, mais aussi des candidats», souligne Sylvain Mossière, qui lorgne désormais vers un développement international.

Pour soutenir cette expansion, l’entreprise est en discussion avec différentes personnalités d’envergure internationale et a initié une levée de fonds à hauteur de 1.2 millions de francs. En parallèle, elle continue de développer des modules additionnels, et bénéficie pour ce faire du soutien du CERN qui est tout à la fois son premier gros client historique et son «laboratoire».

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