Le gaspillage des dépenses cloud repart à la hausse
Après cinq années de recul, la part des dépenses cloud jugées inutiles remonte à 29%, selon Flexera. L'essor de l'IA et la complexité des offres compliquent la maîtrise des coûts, qui reste la principale préoccupation des entreprises malgré la diffusion des pratiques FinOps.
Les entreprises estiment désormais gaspiller 29% de leurs dépenses consacrées aux services cloud d'infrastructure (IaaS) et de plateforme (PaaS). C'est le principal constat de l'édition 2026 du State of the Cloud Report de Flexera. Après cinq années consécutives de baisse, cet indicateur repart légèrement à la hausse.
Le phénomène touche également les logiciels cloud. Selon l'étude, la part estimée des dépenses inutiles en logiciels de cloud public atteint 25%, en progression d'un point de pourcentage sur un an. Ces chiffres reposent toutefois sur les estimations des répondants et non sur un audit indépendant de leurs factures cloud.
L'IA complique les prévisions budgétaires
Flexera associe notamment cette remontée à la complexité croissante des coûts liés à l'intelligence artificielle et à l'arrivée de nouveaux services et modèles tarifaires dans le cloud. Les répondants anticipent par ailleurs une hausse de 27% de leurs dépenses de cloud public, tandis qu'ils déclarent avoir dépassé leur budget de 17% au cours de l'année précédente.
Cette évolution s'accompagne d'une adoption croissante de l'IA générative. Parmi les répondants, 45% déclarent utiliser intensivement des services d'IA générative proposés par les fournisseurs de cloud public, contre 36% l'année précédente. Tous indiquent recourir à ces services à des degrés divers, de l'expérimentation à l'utilisation régulière.
Les coûts restent le principal défi du cloud
La maîtrise des dépenses demeure la première difficulté citée par les organisations, à 85%, devant la sécurité (82%) et la gestion des licences logicielles (78%). Flexera précise que c'est la quatrième année consécutive que les coûts devancent la sécurité, qui occupait auparavant la première place depuis une décennie.
Cette préoccupation persiste malgré la diffusion des pratiques de gestion financière du cloud. L'étude indique que 63% des organisations ont adopté des pratiques FinOps, destinées à améliorer la visibilité sur les dépenses et à rapprocher les décisions techniques de leurs conséquences financières.
L'optimisation des coûts reste également la première initiative cloud pour 68% des répondants, même si cette proportion recule de quatre points sur un an. Elle devance la migration de nouvelles charges de travail vers le cloud (49%) et l'amélioration du reporting financier (42%).
Si les coûts restent prioritaires, les critères utilisés pour mesurer la réussite des stratégies cloud évoluent toutefois. La valeur apportée aux métiers est désormais citée par 64% des organisations, en hausse de douze points. À l'inverse, l'efficacité financière et les économies perdent six points.
Pour Flexera, cette évolution reflète un élargissement du rôle du FinOps: au-delà de la réduction des factures cloud, les entreprises cherchent davantage à évaluer la valeur produite par leurs investissements technologiques.
Méthodologie
L'étude repose sur les réponses de 753 professionnels techniques et dirigeants interrogés à travers le monde durant l'hiver 2025. Les participants sont majoritairement basés aux États-Unis (62%), contre 23% en Europe et 13% dans la région Asie-Pacifique.
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