La Chine serait-elle à l’origine de la cyberattaque contre Beyond Gravity?
Révélée début octobre 2026, une cyberattaque ciblée a frappé Beyond Gravity, fournisseur de l’industrie spatiale appartenant à la Confédération. De nouveaux indices suggèrent que la Chine pourrait être à l’origine de l’attaque. Des données auraient également été dérobées.
Il y a quelques jours, Beyond Gravity, fournisseur suisse de l’industrie spatiale, révélait avoir été victime d’une cyberattaque ciblée, potentiellement menée par un acteur étatique. Selon une enquête de la SRF, Beyond Gravity et la Confédération soupçonneraient désormais la Chine d’en être responsable. Plusieurs personnes impliquées dans le dossier l’auraient confirmé à la radio-télévision suisse.
Ni Beyond Gravity ni le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) n’ont toutefois souhaité confirmer officiellement cette hypothèse. «L’origine de l’attaquant n’a toujours pas été confirmée et fait encore l’objet de vérifications», indique Beyond Gravity à la SRF.
Des données auraient également été dérobées lors de l’attaque. Maya Graf, conseillère aux Etats et présidente de la Commission de gestion du Conseil des Etats, a confirmé à la SRF que les Commissions de gestion du Conseil national et du Conseil des Etats avaient été informées de la fuite de données. Elles disposent également d’un rapport sur la cyberattaque. La nature exacte des données dérobées reste toutefois inconnue, selon l’enquête.
Des détails techniques qui intéressent aussi les services de renseignement
«Nous imaginons souvent que les opérations d’espionnage visent à dérober des technologies majeures», explique Ralph Weber, professeur à l’Institut européen de l’Université de Bâle, interrogé par la SRF. Selon lui, même des informations anodines peuvent présenter un intérêt une fois recoupées. Beyond Gravity pourrait intéresser les services de renseignement chinois, car l’entreprise fournit notamment le programme européen de fusées Ariane et la NASA.
En cas de confirmation de l’implication chinoise, le Conseil fédéral aurait à déterminer quelle réponse apporter. Selon Ralph Weber, le gouvernement suisse fait généralement preuve de retenue dans les affaires d’espionnage, car une accusation publique pourrait compromettre ses intérêts de politique étrangère.
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