Les employés suisses craignent davantage les effets de l’IA sur le marché du travail que sur leur propre emploi
La majorité des salariés suisses s’estiment bien préparés à la transformation numérique. Mais beaucoup anticipent des effets négatifs de l’IA et de l’automatisation sur le marché du travail, selon le Baromètre suisse des ressources humaines 2026.
Dans le cadre du Baromètre suisse des ressources humaines, l’Université de Lucerne et la Haute école spécialisée de Lucerne (HSLU) ont interrogé 1597 salariés entre mars et juin 2026 sur les technologies numériques et les changements qui en découlent. Il s’agit de la quatorzième édition de cette étude, indique la HSLU.
Les salariés suisses se sentent à la hauteur des nouvelles exigences
70% des personnes interrogées estiment disposer de compétences transférables suffisantes pour faire face aux nouveaux défis liés aux technologies numériques. Ces compétences comprennent notamment la gestion de projet, la pensée analytique et les compétences numériques.
Par ailleurs, 62% des répondants déclarent développer activement leurs compétences. Anja Feierabend, coéditrice de l’étude et enseignante à la Haute école de Lucerne, dresse un bilan contrasté: «Ces auto-évaluations des personnes employées sont positives. Néanmoins, la confiance dans leurs propres capacités numériques a légèrement diminué par rapport aux chiffres de 2020.»
L’influence des technologies numériques sur le quotidien professionnel présente également un bilan contrasté. Environ 30% des répondants estiment que l’IA et l’automatisation allègent leur charge de travail. Ces technologies contribueraient à accroître la productivité et à faire émerger de nouvelles idées pour des méthodes de travail innovantes. Près de la moitié des personnes interrogées indiquent par ailleurs dépendre du bon fonctionnement des systèmes numériques dans leur travail quotidien. Ce résultat témoigne d’une forte dépendance aux technologies numériques dans le monde professionnel.
Optimistes pour eux-mêmes, sceptiques pour le marché du travail
Seuls 11% des répondants craignent de perdre leur emploi en raison des nouvelles technologies ou de l’intelligence artificielle, indique la HSLU. En revanche, 23% jugent probable que certaines de leurs tâches soient automatisées.
La haute école relève un contraste notable entre la perception de l’avenir professionnel personnel et celle de l’évolution de la société dans son ensemble. Ainsi, 36% des personnes interrogées estiment que l’automatisation pourrait entraîner une hausse du chômage à l’avenir. «De nombreuses personnes interrogées sont donc convaincues que la transformation numérique comporte moins de risques pour elles personnellement que pour l’ensemble des personnes employées en moyenne», explique Bruno Staffelbach, professeur à l’Université de Lucerne.

Les salariés qui craignent l’automatisation seraient davantage stressés, moins satisfaits de leur travail et moins engagés envers leur employeur. Selon le communiqué, le sentiment d’insécurité de l’emploi a également augmenté par rapport aux années précédentes.
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