Les cybermenaces continuent de peser sur la Suisse
L’Office fédéral de la cybersécurité reçoit quotidiennement des signalements concernant des cybermenaces. Au premier semestre 2026, leur nombre a diminué, mais reste élevé. Dans le même temps, les tensions géopolitiques font évoluer le risque de cybersabotage, tandis que l’IA permet aux cybercriminels de personnaliser toujours davantage leurs attaques.
Dans son rapport sur le premier semestre 2026, l’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) fait le point sur les cybermenaces observées en Suisse. Au total, il a reçu durant cette période 27'128 signalements volontaires ainsi que 200 annonces obligatoires concernant des cyberincidents. Le nombre de signalements volontaires a reculé par rapport aux 35'727 enregistrés l’année dernière. Parallèlement, l’OFCS met en garde contre une hausse du risque de cybersabotage liée aux tensions géopolitiques actuelles.
Selon le rapport, la majorité des signalements volontaires concernent des tentatives d’escroquerie, du phishing ou du spam. L’escroquerie reste la principale activité lucrative menée à grande échelle. L’OFCS constate toutefois une évolution positive concernant les fraudes téléphoniques utilisant des numéros suisses usurpés: celles-ci ont reculé de plus de 75% depuis l’extension, le 1er juillet 2026, de l’obligation d’identification aux numéros de téléphonie mobile. Alors que l’OFCS recevait auparavant plus de 400 signalements par mois pour des appels frauduleux passés au nom de prétendues autorités, ce chiffre est tombé sous la barre des 100 en juillet.
Les administrations dans le viseur
Depuis avril 2025, les exploitants d’infrastructures critiques doivent signaler les cyberincidents à l’OFCS dans un délai de 24 heures. Au premier semestre 2026, l’office a reçu 200 signalements de ce type. Le secteur public (19,4%) ainsi que le secteur de l’IT et des télécommunications (18,6%) ont été les plus fréquemment visés. Les attaques par piratage représentent la plus grande part des incidents signalés, avec 26%, devant le vol de données d’accès (13,5%), les attaques affectant la disponibilité (DDoS) et les fuites de données (12,7% chacune).
Selon l’OFCS, le nombre d’attaques par ransomware est resté stable. L’office a recensé 79 cas, soit autant qu’au second semestre 2025, tout en estimant que le nombre réel d’incidents est probablement plus élevé. L’OFCS observe par ailleurs une diversification et une fragmentation croissantes des familles de ransomwares. Bien qu’Akira reste le groupe le plus actif en Suisse, sa présence parmi les attaques recensées a diminué.
Une utilisation systématique de l’IA
L’utilisation de l’intelligence artificielle permet aux cybercriminels de personnaliser toujours davantage leurs attaques. Ils peuvent ainsi s’adresser aux victimes potentielles de manière plus personnalisée et émotionnelle, rendant les tentatives de phishing et d’escroquerie plus crédibles. Dans une arnaque actuellement répandue, les cybercriminels ciblent par exemple des personnes à la recherche d’un emploi en les attirant avec de prétendues offres d’emploi particulièrement attrayantes ou des opportunités d’investissement.
Le phishing ciblant Microsoft 365 constitue un autre vecteur d’attaque fréquent. Après avoir pris le contrôle de comptes de messagerie professionnelle, les cybercriminels se font notamment passer pour des cadres ou des collaborateurs du service d’assistance informatique afin de compromettre des systèmes ou d’initier des transactions financières. Ils invoquent aussi fréquemment une prétendue mise à jour de sécurité urgente pour inciter leurs victimes à installer des logiciels malveillants.
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