L’essor de l’IA alourdit toujours plus l’empreinte carbone de Google et Amazon
Les émissions de Google et d’Amazon ont fortement progressé en 2025. L’expansion des centres de données et des infrastructures dédiées à l’IA éloigne les deux groupes de leurs objectifs climatiques.
Les émissions de Google et d’Amazon ont fortement augmenté en 2025, sous l’effet notamment de l’expansion des infrastructures nécessaires à l’intelligence artificielle. Cette progression rend plus difficile l’atteinte des objectifs climatiques des deux groupes, malgré leurs investissements dans les énergies renouvelables et les efforts autour de l’efficacité énergétique.
Dans son 11ème rapport environnemental, Google déclare que ses émissions ont atteint 18,85 millions de tonnes équivalent CO2 en 2025, soit 18% de plus qu’un an auparavant et 82% de plus qu’en 2019. L’empreinte d’Amazon a atteint 80,85 millions de tonnes, en hausse de 16% sur un an et de 58% par rapport à 2019, selon un rapport de la maison mère d’AWS, également publié tout récemment.
Ces résultats éloignent les deux entreprises de leurs engagements. Google vise toujours une réduction de moitié de ses émissions d’ici 2030 par rapport à 2019. Amazon ambitionne pour sa part d’atteindre le zéro émission nette en 2040. Mais la multiplication des centres de données, des serveurs et des équipements spécialisés dans l’IA exerce une pression croissante sur ces objectifs, parallèlement à l’expansion des activités logistiques du géant de l’e-commerce.
Google reconnaît que le déploiement de ses infrastructures d’IA s’accélère plus rapidement que la décarbonation des réseaux électriques qui les alimentent. Le groupe maintient officiellement son échéance de 2030, mais son dernier rapport ne reprend plus les graphiques qui présentaient auparavant la trajectoire de réduction prévue et la contribution attendue des différents leviers. De quoi réduire la visibilité sur la manière dont l’entreprise entend inverser la tendance actuelle. Chez Amazon, Kara Hurst, directrice du développement durable, reconnaît que la demande croissante, notamment autour de l’IA, pourrait ralentir les progrès environnementaux du groupe.
Les émissions indirectes concentrent l’essentiel de l’empreinte
L’essentiel de l’empreinte provient des émissions indirectes de la chaîne de valeur, regroupées sous l’appellation «scope 3». Elles représentent près de 85% des émissions de Google et 76% de celles d’Amazon. Chez Google, la hausse est principalement liée à la fabrication de puces, de serveurs et d’autres équipements, ainsi qu’à la construction de centres de données. Le groupe souligne notamment la dépendance de sa chaîne d’approvisionnement en Asie-Pacifique à des réseaux électriques encore fortement carbonés.
Chez Amazon, les émissions associées aux biens d’équipement, une catégorie qui comprend notamment la construction des centres de données et d’autres bâtiments, ont bondi de 43% en un an. L’empreinte du groupe comprend également ses entrepôts, sa flotte logistique, les livraisons réalisées par des tiers et la fabrication de ses appareils.
Une consommation électrique en forte hausse
La consommation électrique de Google a augmenté de 37% en 2025, à 43,6 TWh, soit plus du double de son niveau de 2021. Le groupe affirme néanmoins avoir réduit ses émissions opérationnelles de 2% grâce à des gains d’efficacité et à ses achats d’électricité renouvelable. Les opérations mondiales de ses centres de données ont toutefois affiché en moyenne un taux d’énergie sans carbone de 65%, contre seulement 13% en Asie-Pacifique.
Amazon affirme avoir fait correspondre l’équivalent de 100% de l’électricité consommée par ses opérations mondiales avec une production issue de sources renouvelables. Ses émissions liées à l’électricité ont malgré tout progressé de 34%, en raison de la croissance des centres de données et de l’électrification de ses bâtiments et de son réseau de livraison.
Google met en avant plus de 12 GW de nouvelles capacités d’énergie propre contractées en 2025. Amazon cite notamment l’emploi de béton et d’acier à plus faible empreinte ainsi que le déploiement de 52’700 camionnettes électriques. A ce stade, ces mesures ne suffisent toutefois pas à enrayer la hausse globale des émissions des deux groupes.
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