L’IA agentique resterait largement méconnue des entreprises suisses
L’usage de l’IA progresse rapidement dans les entreprises suisses, mais son intégration reste encore majoritairement limitée à des usages simples, selon une étude publiée par AWS. Les résultats mettent aussi en évidence des freins persistants en matière de compétences et de moyens, ainsi qu’une faible préparation aux technologies d’IA de nouvelle génération.
L’adoption de l’intelligence artificielle continue de progresser dans les entreprises suisses. Selon une étude réalisée par Strand Partners pour Amazon Web Services (AWS), 57% des entreprises interrogées utilisent désormais l’IA, contre 46% l’année précédente. Les PME affichent un taux de 55%, contre 64% pour les grandes entreprises.
Parmi les entreprises ayant adopté l’IA, 60% restent concentrées sur des usages basiques, tels que des chatbots accessibles au public ou des solutions prêtes à l’emploi visant notamment à améliorer l’efficacité des processus. Quelque 22% se situent à un niveau intermédiaire, avec une intégration dans plusieurs fonctions de l’entreprise, tandis que 18% ont atteint le stade le plus avancé, contre 20% l’année précédente. Selon l’étude, ce recul s’explique par l’arrivée rapide de nouveaux utilisateurs aux premiers stades d’adoption, tandis que le nombre absolu d’entreprises avancées continue d’augmenter. Parmi les PME utilisatrices, 22% ont atteint ce stade.
Des freins persistants au passage à l’échelle
Le manque de compétences figure parmi les principaux obstacles identifiés. 42% des entreprises citent la pénurie de compétences en IA et dans le numérique comme un frein à l’adoption ou à son extension, tandis que 39% évoquent des ressources humaines internes insuffisantes. Seules 24% des entreprises suisses estiment disposer actuellement de solides compétences en IA.
Les moyens financiers constituent une autre limite. 42% des entreprises ne disposent d’aucun budget spécifiquement consacré à l’IA. Le manque de ressources financières internes constitue un obstacle pour 28% des entreprises, tandis que 26% mentionnent un manque de clarté concernant le ROI ou le business case. Malgré ces contraintes, 89% anticipent une hausse de la part de l’IA dans leurs dépenses IT au cours des trois prochaines années.
Les entreprises ne se sentent pas prêtes pour la prochaine vague d’IA
Ces difficultés se reflètent aussi dans la préparation aux technologies de nouvelle génération. Seules 22% des entreprises se considèrent pleinement ou très bien préparées à adopter des technologies telles que l’IA agentique, l’IA physique ou la robotique avancée. Chez les start-up, cette proportion atteint toutefois 80%.
L’IA agentique reste par ailleurs encore peu connue. Moins d’un quart des entreprises interrogées disent en avoir entendu parler. Parmi celles qui connaissent cette technologie, 4% déclarent l’avoir entièrement déployée et 12% l’expérimenter ou mener des projets pilotes.
Le financement constitue un défi pour les start-up suisses. Près d’un tiers d’entre elles, soit 32%, indiquent envisager de quitter l’Europe pour développer leur activité à plus grande échelle. Parmi celles-ci, 60% citent un meilleur accès aux financements comme motif, 54% des coûts d’exploitation plus faibles et 51% de meilleures possibilités de se développer rapidement à l’international.
Méthodologie
L’étude s’appuie sur deux enquêtes menées en Suisse: l’une auprès de 1’000 membres représentatifs de la population et l’autre auprès de 1’000 dirigeants d’entreprise, définis comme des fondateurs, CEO ou membres de la direction. L’échantillon des entreprises a été constitué en tenant compte notamment de leur taille, de leur secteur et de leur région.
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