Ninabot lance une solution cloud pour agents IA hébergée à Genève
L'entreprise genevoise Ninabot lance SOKKAN Cloud, une version managée de ce qu’elle nomme son «studio agentique» open source. Hébergée en Suisse, la plateforme permet d'exécuter plusieurs agents IA en parallèle sur un même projet tout en misant sur une architecture dédiée pour isoler les données de chaque client.
Ninabot annonce le lancement de SOKKAN Cloud, la version managée de ce qu’elle décrit comme son «studio agentique» open source, baptisé SOKKAN. Selon l'entreprise genevoise, la plateforme permet d'exécuter plusieurs sessions d'agents IA en parallèle sur un même projet. Chaque session démarre avec la mémoire du projet déjà chargée, tandis qu'un opérateur humain conserve la validation des actions irréversibles.
Développé à l'origine comme un outil interne utilisé notamment pour exploiter la plateforme d'emploi ninjob.ch, SOKKAN repose sur l'idée que la principale limite des agents IA réside moins dans leurs capacités que dans leur mémoire. Interrogé par la rédaction, le fondateur de Ninabot et ingénieur systèmes Nicolas Micaud explique que les notes du projet sont indexées localement, puis retrouvées par recherche sémantique avant chaque nouvelle session afin d'injecter automatiquement le contexte pertinent.
Modèles ouverts, infrastructure privée et code auditable
Conçu autour de Claude Code, SOKKAN peut également exécuter des sessions avec d'autres modèles compatibles avec l'API Anthropic, tels que Kimi K2, GLM, DeepSeek ou encore des modèles locaux, indique Ninabot à la rédaction. Le support d'autres agents CLI, dont Codex d'OpenAI, est prévu. Pour l'inférence, les utilisateurs peuvent choisir entre leur propre clé Anthropic ou un service géré reposant sur les modèles ouverts Qwen3 Coder, hébergés à Francfort. L’'entreprise souligne que le contenu des requêtes n'est pas conservé.
Ninabot met également l’accent sur la souveraineté des données et de l’infrastructure. Chaque client dispose d'une machine virtuelle dédiée et de son propre réseau privé, hébergés dans un datacenter genevois d'Exoscale. Nicolas Micaud nous précise que cette architecture vise à maintenir le code et les données de chaque client dans un environnement isolé. «SOKKAN n'est pas un SaaS classique: il exécute des agents de code qui lisent le dépôt du client, lancent des commandes et écrivent des fichiers», confie-t-il. Le code de SOKKAN est publié sous licence Apache-2.0 et peut être audité, tandis que la version auto-hébergée, proposée gratuitement, est identique à la version opérée.
«Les outils d'agents IA se ressemblent tous et vivent tous sur des infrastructures américaines. Nous avons construit SOKKAN pour opérer nos propres produits, puis nous l'avons ouvert: le code est à tout le monde, et pour les équipes qui veulent la version opérée, tout reste en Suisse», déclare le fondateur dans le communiqué.
SOKKAN Cloud est proposé sous forme d'abonnement. La société genevoise indique encore à la rédaction que les premiers déploiements commerciaux sont en cours. Elle précise que la plateforme s'adresse en priorité aux agences et équipes de développement ainsi qu'aux PME souhaitant conserver leurs données en Suisse.
L’actualité IT en Suisse et à l’international, avec un focus sur la Suisse romande, directement dans votre boîte mail > Inscrivez-vous à la newsletter d’ICTjournal, envoyée du lundi au vendredi!