Automatisation

L’IA ne menace pas les emplois, promettent les entreprises suisses

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Les employeurs suisses sont convaincus que l’intelligence artificielle ne créera pas de nouveaux chômeurs. Tout autour du globe leurs homologues sont plutôt du même avis. Pour rester utiles aux côtés de robots très efficaces sur les tâches répétitives, les humains devront toutefois monter en compétences sur ce qui fait leur force: les «soft skills».

(Source: PhonlamaiPhoto / iStock.com)
(Source: PhonlamaiPhoto / iStock.com)

Réalisme éclairé ou optimisme démesuré? Toujours est-il que 91% des employeurs suisses prévoient de maintenir ou d’augmenter leurs effectifs dans les deux à trois prochaines années pour rester compétitifs à l’ère de la robotisation. C’est ce qui ressort d’une étude mondiale sur l’impact de la transformation digitale sur l’emploi menée par Manpower. Les dirigeants suisses interrogés se montrent ainsi plus confiants que leurs homologues autrichiens qui s’attendent à une réduction de 10 à 20% de leurs effectifs mais moins que les italiens ou les belges qui voient déjà le volume de leurs troupes augmenter de 20 à 30%.

Il serait hâtif d’en tirer les conclusions que la démocratisation de l’intelligence artificielle n’aura pas d’impact sur le marché du travail. Intitulée «Révolution des compétences 2.0», l’étude Manpower insiste sur le fait que cette mutation devra s’accompagner d’une montée en puissance des collaborateurs sur les «soft skills». Communication, collaboration, créativité, empathie… autant de qualités humaines que les machines ne sont pas (encore ?) en mesure de présenter. «Pour plus de la moitié des entreprises, les compétences en matière de communication écrite et verbale sont les plus recherchées, suivies de la capacité à collaborer et de l’aptitude à résoudre les problèmes», écrit ainsi le spécialiste de l’intérim. Une conclusion à laquelle étaient déjà arrivés l’OCDE et Accenture dans des travaux publiés plus tôt cette année. Le géant du conseil estimait ainsi en janvier que les entreprises s’engageant pleinement dans l’IA verront leurs revenus croître de 38% dans les 5 ans… à condition d’investir massivement dans la collaboration homme-machine. Même constat mais moins enthousiasme de la part de l'Organisation de coopération et de développement économiques qui anticipe une polarisation du marché du travail et la disparition des emplois moyennement qualifiés: «L'évolution technologique déplace la demande de main-d'œuvre vers des compétences cognitives pour lesquelles de nombreux travailleurs actuels ne sont pas suffisamment formés.» L’organisme international invite ainsi les politiques à «se concentrer sur l'investissement dans les compétences à tous les niveaux, en particulier l'apprentissage tout au long de la vie, le soutien aux transitions vers de nouveaux emplois et l'adaptation des systèmes de protection sociale et des institutions du marché du travail aux nouvelles formes de travail.»

Enfin, il ressort de ces différentes études que toutes les fonctions ne sont pas égales face à la digitalisation. Selon les 20’000 employeurs interrogés par Manpower, les équipes IT et celles en contact direct avec les clients seront celles qui grossiront les plus dans les deux prochaines années, tandis que les services administratifs et financiers subiront les plus grosses pertes.

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