Design

Nouvelles icônes Microsoft Office: l’avis d’un spécialiste

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Les icônes de la suite d’applications Office ont droit à une refonte graphique. Microsoft a imaginé un design plus abstrait, adapté à toutes les plateformes. Spécialiste en design UX, Pascal Magnenat explique pourquoi il trouve ces nouvelles icônes très réussies.

(Source: Microsoft)
(Source: Microsoft)

Apparues en 2013, les icônes actuelles de la suite Office méritaient bien une refonte. C’est chose faite. Microsoft a dévoilé le nouveau design des icônes des applications Office, davantage abstrait que celui des précédentes générations. Reprenant les couleurs historiques des pictogrammes de Word, Excel, Powerpoint, etc., les nouvelles icônes intègrent toujours la première lettre de l’application mais celle-ci est couplée à un symbole graphique moins figuratif que par le passé. Exit donc les représentations concrètes des documents Word ou Excel. Les lignes de texte et cellules du tableur sont désormais figurées par des zones de couleurs différentes, en dégradé. Designer en chef chez Microsoft, Jon Friedman explique dans un billet publié sur Medium: «En se concentrant sur le contenu plutôt que sur un format spécifique, ces icônes incarnent la nature collaborative des applications qu'elles représentent.»

La lettre et le symbole sont en outre découplés en deux panneaux distincts pour ajouter de la profondeur et créer des opportunités dans les contextes 3D, précise le designer de Microsoft. Avec ce nouveau visuel, Microsoft explique avoir imaginé un langage visuel qui résonne émotionnellement d'une génération à l'autre, fonctionnant sur toutes les plateformes et tous les appareils. Il s’agit aussi de refléter la nature mobile de la productivité d'aujourd'hui et les évolutions de la suite Office. Nos nouvelles icônes commenceront à être déployées sur toutes les plateformes au cours des prochains mois, en commençant par le mobile et le web.

L’avis du spécialiste

Contacté par la rédaction, Pascal Magnenat, Human centred design lead & user researcher et président de la catégorie UX du Meilleur du Web 2018, donne son avis sur cette refonte graphique:

«Autant le dire tout de suite, je trouve ces icônes visuellement très réussies: plus épurées, plus modernes, plus engageantes que les icônes auxquelles nous sommes familiers. J’aime l’idée d’avoir voulu mettre davantage l’accent sur les activités auxquelles les apps sont destinées plutôt que sur leurs noms. A ce titre, il est intéressant de comparer le jeu d’icônes Office 2018 avec celui de 2003 qui n’était rien d’autre qu’un ensemble de lettres (W, X, P, O). Microsoft n’a cependant pas pris le risque de s’affranchir des références aux noms; pas plus qu’elle n’a d’ailleurs réduit la taille des lettres elles-mêmes: l’entreprise de Redmond s’est contentée d’une évolution, plutôt que d’un changement de paradigme. Comme si Microsoft envisageait les icônes plus comme des logos de marques, évoluant très progressivement, que comme de vraies icônes utilisées dans le contexte d’interfaces graphiques d’outils numériques; sans doute pour ne pas dérouter les utilisateurs actuels.

Pourtant, lorsqu’une icône est réussie, elle devrait pouvoir s’affranchir du nom du logiciel qu’elle représente. L’utilisateur peut alors faire un lien direct entre son intention et la représentation de celle-ci sur l’interface qu’il a sous les yeux, que ce soit dans une barre Windows ou sur l’écran d’accueil d’un iPhone. Les icônes “appareil photo”, “calendrier” ou “mail” en sont de bons exemples. Bien sûr, ces applications sont plus simples à représenter que des logiciels remplissant de multiples fonctions, parfois abstraites. Mais ce n’est toutefois pas impossible: Google me semble y être parvenu avec les icônes de ses applications en ligne G Suite; même si graphiquement, l’univers visuel choisi par Microsoft est plus attrayant et minimal. Mais c’est peut-être justement dans leur esthétique très épurée que se trouve la faiblesse des nouvelles icônes Office: les activités des utilisateurs sont davantage évoquées que représentées, ce qui rend presque nécessaire l’utilisation des lettres, sans lesquelles il serait notamment difficile de distinguer Word et Excel. Au risque de ne faire de ces évocations graphiques que des ornements.»

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