RPA

Finies les tâches répétitives: les robots logiciels arrivent... en masse

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La gigantesque levée de fonds de la start-up UiPath en est un nouvel indice. Les petits robots logiciels capables de remplacer l’humain dans des tâches répétitives suscitent l’intérêt de toujours plus d'entreprises quel que soit leur secteur. La RPA (Robotic Process Automation) pourrait même effectuer 45% des tâches de travail actuelles selon PwC.

(Source: chromatika / Fotolia.com)
(Source: chromatika / Fotolia.com)

Le monde compte une nouvelle licorne. La société new yorkaise UiPath a annoncé ce 6 mars avoir levé 153 millions de dollars, ce qui fait passer sa valorisation à 1,1 milliard de dollars. Ce qui crée tant d’engouement pour cette start-up née à Bucarest en 2005 c’est sa plateforme RPA, pour Robotic Process Automation (ou automatisation robotique des processus). Cet outil permet à des entreprises de créer des robots logiciels capables de réaliser des tâches répétitives.

Comme une macro Excel

Ces RPA peuvent être directement configurés par les employés qui leur «montrent» les actions standardisées à accomplir (à l’image d’une macro Excel): recherche ou saisie de données, traitement d’une transaction, envoi d’une réponse pré-écrite… Si ces robots d’un nouveau genre ont le vent en poupe c’est que chacun d’eux «peut effectuer le travail de trois ou quatre employés à temps plein», selon le cabinet Forrester Research. Pour leurs partisans, ils permettent de soustraire les employés à des activités rébarbatives pour qu’ils puissent se concentrer des tâches à plus haute valeur ajoutée. Les consultants de PwC estiment de leur côté que «45% des tâches de travail peuvent être automatisées, ce qui permettrait d'économiser 2000 milliards de dollars en coûts de main-d'œuvre à l'échelle mondiale.»

Les services financiers et bancaires ont été les premiers à voir l’intérêt de ces travailleurs virtuels, rapidement rejoints par de nombreux autres secteurs (services publics,  télécommunications, commerce, santé, assurance). La mise en œuvre de la RPA va désormais de la gestion du service client à comptabilité en passant par l’automatisation des entrées dans un système ERP.

5,1 milliards de dollars en 2025

Crédit Suisse compte par exemple s’appuyer sur 350 à 400 de ces robots d’ici fin 2019 pour gagner en productivité. Dans un entretien récemment accordé à ICTJournal, Kim-Andrée Potvin, Chief Operating Officer de BNP Paribas Suisse révélait travailler aussi sur cette technologie.«Le domaine est prometteur et nous pensons pouvoir améliorer grandement notre efficacité vu la taille de nos opérations en Suisse», expliquait-t-elle  avant d’évoquer leur «atout sécuritaire important pour le domaine bancaire: les robots possèdent un matricule, on peut savoir exactement que tel robot a effectué telle tâche à tel moment.»

Le Wall Street Journal a également relaté le déploiement par l’opérateur américain AT&T de plus de 1000 de ces robots logiciels pour soustraire ses employés aux tâches rébarbatives, notamment les techniciens dans l’activation d’équipements ou la production de leurs rapports après une intervention auprès d’un client. Cité par le WSJ, Michael Martuccio, ingénieur concepteur réseau pour AT&T, confirme que son job a gagné en intérêt avec l’arrivée de ces robots: «Je ne passe plus mon temps à compiler et à formater des données, mais à les analyser.»

Peu à peu, toutes les entreprises se penchent sur le sujet. Dans le communiqué accompagnant sa levée de fonds, UiPath indique avoir vu le nombre de ses contrats passer de 100 à 700 en 2017 et cite des clients aussi variés que BMW, Huawei et Sumitomo Mitsui Banking Corp. Et la néo-licorne n’est pas la seule sur ce terrain. Selon Juniper Research, IP Soft (USA), Antworks (Singapour), Pegasystems (USA), Wipro (Inde), Workfusion (USA) sont les leaders de ce marché en plein essor. Pour le seul secteur bancaire, le marché de ces RPA devrait atteindre près de 900 millions de dollars d'ici 2022 (contre 214 millions de dollars en 2018) et plus de 2,6 milliards de dollars tous secteurs confondu selon l’analyste britannique. De son côté, son homologue américain Tractica prédit un volume d’affaires de 5,1 milliards de dollars en 2025.

Une couche d’IA en plus

Pour gagner des parts de marché, la plupart de ces acteurs injectent désormais de l'intelligence artificiels dans ces robots logiciels. Objectif: les rendre capable de reconnaître eux-mêmes des actions répétitives et d’apprendre à les reproduire sans l’aide d’un humain.

Traditionnellement conçus sur des processus établis et des entrées structurées, les robots logiciels pourront ainsi bientôt travailler sur des données non organisées, voire porter des jugements et prendre des décisions. Cette RPA avancée qualifiée de cognitive serait déjà testée par une compagnie d’assurance pour fixer ses tarifs a affirmé au Finantial Times le patron d’Automation Anywhere, autre start-up du secteur qui a conclu des accords avec IBM et Google pour utiliser leurs services d'intelligence artificielle...

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