Le projet Epic pour les hôpitaux vaudois franchit une première étape au Parlement
Le Grand Conseil vaudois a accepté d’entrer en matière sur le projet de nouveau dossier patient informatisé reposant sur Epic. Le choix de la solution américaine divise notamment sur les questions de souveraineté, de protection des données et de coûts.
Le Grand Conseil vaudois a accepté mardi d’entrer en matière sur le premier projet de décret concernant le remplacement du dossier patient informatisé (DPI) du CHUV et de onze établissements de la Fédération des hôpitaux vaudois informatique (FHVI), rapporte la RTS. Le vote a été acquis par 93 voix contre 43 et 5 abstentions.
Ce vote intervient alors que le système actuel, Soarian, arrive en fin de vie, avec un arrêt du support et de la maintenance à l’horizon 2027. Distinct du dossier électronique du patient (DEP), le DPI est l’outil interne utilisé pour le suivi médical des patients. Pour lui succéder, le Canton a lancé un appel d’offres qui a rapidement été contesté par l’éditeur genevois Kheops. Après le rejet de ses recours par le Tribunal fédéral en 2025, le marché a finalement été attribué à Epic en novembre. En février, le Conseil d’Etat a ensuite soumis au Grand Conseil un investissement total de 207,6 millions de francs pour la mise en œuvre du nouveau système.
Lors des débats de mardi 25 août, le montant de l’investissement s’est ajouté aux réserves concernant la dépendance envers le fournisseur américain. Plusieurs députés redoutent une dépendance financière et technologique pendant au moins quinze ans, ainsi que des risques pour la souveraineté numérique et la protection des données. Les discussions ont notamment porté sur le Cloud Act, qui permet aux autorités américaines d’exiger des données auprès d’entreprises établies aux Etats-Unis. Le risque de surcoûts a également été évoqué, de même que l’adéquation d’un même système au CHUV et aux établissements vaudois de plus petite taille.
Les défenseurs du projet ont de leur côté rappelé qu’Epic avait été retenu à l’issue de la procédure d’adjudication et qu’il était déjà utilisé dans des hôpitaux à Zurich, Berne et Lucerne. Face aux inquiétudes concernant les données, ils ont fait valoir que celles des établissements vaudois seraient hébergées en Suisse et soumises au droit helvétique.
L’examen du projet se poursuit
Plusieurs amendements sont annoncés pour la suite de l’examen, notamment sur le financement et la gouvernance. L’un d’eux, déjà accepté en commission, prévoit d’affecter 63 millions de francs provenant d’une tranche de la BNS à l’investissement total afin d’alléger la charge supportée par les hôpitaux.
L’issue parlementaire pourrait par ailleurs ne pas clore le dossier. Selon la RTS, les Vert’libéraux ont averti qu’ils pourraient lancer un référendum si le Grand Conseil valide le choix d’Epic.
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