Droits d’auteur et IA

Entraînement de Gemini: des éditeurs attaquent Google pour violation du droit d’auteur

Hachette, Cengage, Elsevier et l’auteur Scott Turow accusent Google d’avoir utilisé sans autorisation des millions de textes pour développer Gemini. Des documents internes cités par les plaignants auraient signalé des risques juridiques et financiers liés à l’emploi de livres protégés.

(Source: Gina Sanders / Fotolia.com)
(Source: Gina Sanders / Fotolia.com)

Trois maisons d’édition et l’écrivain Scott Turow ont déposé une plainte contre Google pour violation délibérée du droit d’auteur. Hachette Book Group, Cengage Learning et Elsevier affirment que le géant de la tech a utilisé sans autorisation des millions d’œuvres textuelles afin de développer les grands modèles de langage Gemini.

Dans leur annonce commune, les plaignants précisent agir en leur nom et au nom d’un groupe d’auteurs et d’éditeurs qu’ils souhaitent représenter dans le cadre d’une action collective. Les contenus concernés comprennent des œuvres de fiction et de non-fiction, des livres pour enfants, des mémoires, de la poésie, ainsi que des ouvrages pédagogiques et des articles scientifiques couvrant de nombreux domaines. 

Sources pirates et payantes

La plainte soutient que Google a copié des livres et des articles de revues obtenus pour des usages limités dans le cadre de Google Books et d’autres services du groupe. L’entreprise aurait également téléchargé des corpus issus de collectes massives du web, notamment depuis des sources pirates connues et des contenus placés derrière des systèmes d’accès payant. La plainte affirme aussi que l’entreprise a supprimé des informations de gestion des droits d’auteur afin de dissimuler les sources utilisées pour l’entraînement et de faciliter leur exploitation sans autorisation.

Les éditeurs et Scott Turow accusent en outre Google d’avoir déployé un service conçu pour générer des contenus susceptibles de se substituer directement aux œuvres originales. Ces affirmations constituent les arguments des plaignants et devront être examinées dans le cadre de la procédure. 

La plainte cite plusieurs analyses internes attribuées à Google. L’une d’elles aurait qualifié l’utilisation, pour l’IA, de livres protégés fournis par des éditeurs dans Google Play Books de «hautement problématique pour Google», en évoquant un risque de «dizaines à centaines de milliards de dollars d’amendes». Un autre document interne aurait identifié le risque que les éditeurs considèrent l’entraînement de modèles de langage sur leurs livres comme une violation du droit d’auteur, retirent leurs contenus de Google Play Books ou intentent une action en justice.

Cette procédure intervient alors qu’Anthropic a conclu un accord à l’amiable de 1,5 milliard de dollars avec des milliers d’auteurs. Le règlement prévoit environ 3’000 dollars par livre pour les ouvrages concernés. Après une audience organisée en mai 2026, le tribunal doit encore rendre sa décision définitive sur l’accord. 

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