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What You See Is What You Get

par Fredy Künzler, CEO, init7

Un acronyme venu des débuts de l’informatique : What You See Is What You Get « Ce que vous voyez est ce que vous obtenez ». Dans les années 1980, ce terme désignait les logiciels de publication assistée par ordinateur tels que PageMaker. Leur promesse était simple : afficher à l’écran un document aussi proche que possible de son apparence une fois imprimé. À l’époque, c’était une véritable révolution car, les imprimantes laser étaient coûteuses et donc peu répandues.

Image: iStock Nail Printer
Image: iStock Nail Printer

Le terme WYSIWYG a peut-être disparu du vocabulaire courant. Pourtant, l’idée qui le sous-tend est toujours pertinente : ce qui est promis correspond-il réellement à ce qui est livré ? À l’ère des images générées par l’IA, où l’apparence peut facilement masquer la réalité, cette question prend une dimension nouvelle. L’écart entre la promesse et la réalité n’a jamais été aussi difficile. Le même phénomène s’observe dans le domaine des connexions Internet. Les publicités affichent en grands caractères des vitesses de « 10 gigabits par seconde ». Les mentions « jusqu’à » ou « best effort » n’apparaissent souvent qu’en petits caractères. Résultat : la vitesse annoncée ne constitue pas une garantie, mais un maximum théorique atteignable dans des conditions idéales.

Entre la bande passante commercialisée et l’expérience réellement vécue par l’utilisateur, il peut exister un fossé. Certes, un test de vitesse permet d’obtenir une indication. Mais il ne reflète pas nécessairement les performances disponibles au quotidien. Les réseaux modernes permettent de prioriser certains flux de données. Dans certains cas, les données utilisées pour les tests de vitesse bénéficient d’un traitement privilégié, quand d’autres disposent de moins de ressources. Une mesure ponctuelle ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Pour les fournisseurs d’accès, commercialiser des connexions à 10 Gbit/s est attractif. Les consommateurs comparent deux éléments : la vitesse affichée et le prix. Mais, la réalité est plus complexe.

La majorité des offres 10 Gbit/s actuelles reposent sur la technologie XGS-PON. Dans cette architecture, les ressources disponibles sont partagées entre jusqu’à 32 abonnés au moyen de répartiteurs optiques.

Mais ce n’est pas tout. Un équipement Huawei EA5800-X7 OLT, largement utilisé pour agréger les connexions XGS-PON, peut accueillir jusqu’à 7 cartes à 16 ports. Avec 32 abonnés par port, cela fait 3584 clients raccordés à un seul équipement. La capacité montante disponible vers Internet est de 40 gigabits. En pratique, environ 32 gigabits sont réellement exploitables. Rapportée aux 3584 abonnés potentiels, la capacité revient à ≈ 8,9 mégabits par client.

 

WYSIWYG pour les connexions haut débit ? On en est encore loin.

Une publicité pour une connexion à 10 Gbit/s décrit en général un scénario idéal. Elle ne dit quasi rien sur la bande passante effectivement disponible un dimanche soir, aux heures de forte affluence.

Ce mécanisme connu sous le nom de « overbooking », est élégamment présenté sous la formule « jusqu’à ». Pourtant, beaucoup de consommateurs ont l’impression d’avoir acheté 10 Gbit/s disponibles en permanence.

C’est pour cette raison que le choix d’un accès Internet ne devrait pas se limiter à un chiffre et un prix. La transparence, l’honnêteté de l’information et la compréhension du produit sont tout aussi essentielles. En d’autres termes : WYSIWYG. Ou, comme nous aimons le rappeler : « Chacun choisit librement son fournisseur. »
 

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