Entraînement de l’IA

Meta traque les mouvements de souris et les frappes clavier de ses employés

par Valentina Graziano (traduction/adaptation ICTjournal)

Pour apprendre à ses modèles d’IA à reproduire le comportement humain, Meta va équiper les ordinateurs de ses employés américains d’un logiciel de suivi. Celui-ci enregistre les mouvements de souris, les clics et les frappes au clavier. L’entreprise affirme toutefois qu’il ne s’agit pas d’un outil de surveillance des performances.

(Source: Netzmedien / ChatGPT Images 2.0)
(Source: Netzmedien / ChatGPT Images 2.0)

Meta va installer sur les PC de ses employés américains un logiciel de suivi baptisé Model Capability Initiative (MCI). Selon Reuters (paywall), qui cite un mémo interne, l’entreprise souhaite ainsi collecter des données d’entraînement pour ses modèles d’IA.

Les mouvements de souris, les clics et les frappes au clavier enregistrés visent à permettre l’amélioration de la capacité des agents IA à exécuter des tâches de manière autonome. Ceux-ci peinent encore à reproduire certaines interactions humaines avec un ordinateur, comme naviguer dans des menus déroulants ou utiliser des raccourcis clavier.

Dans un mémo distinct, également consulté par Reuters, le CTO de Meta, Andrew Bosworth, explique: «La vision vers laquelle nous tendons est celle où nos agents effectuent principalement le travail et où notre rôle consiste à les guider, à les superviser et à les aider à s'améliorer.» Le CTO ne précise toutefois pas comment cet entraînement doit se dérouler concrètement. Il indique toutefois que Meta entend faire preuve de «rigueur» dans la «collecte de données et l’évaluation de tous les types d’interactions générées dans le cadre du travail quotidien».

Le porte-parole de Meta, Andy Stone, a confirmé à Reuters que les données issues de MCI seraient utilisées pour l’entraînement de l’IA. Il assure toutefois qu’elles ne serviront pas à évaluer les performances des employés. Des mesures de protection seraient également prévues pour les «contenus sensibles», sans que l’entreprise ne précise quelles données pourraient être exclues de la collecte.

Qu’en est-il en Suisse ?

Alors qu’une tendance au suivi des employés se développe aux États-Unis, de telles pratiques pourraient contrevenir au Règlement général sur la protection des données (RGPD) dans l’Union européenne, selon les experts cités par Reuters, dont le professeur de droit Valerio De Stefano, de l’Université York à Toronto.
En Suisse, c'est l'article 26 de l'OLT 3 qui s'applique. Cette disposition prévoit «l'interdiction d'utiliser des systèmes de surveillance ou de contrôle destinés à surveiller le comportement des collaborateurs à leur poste de travail», précise le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT).

Restent autorisés les dispositifs mis en place pour des raisons de sécurité ou pour mesurer les performances, comme les badges électroniques d’accès ou les caméras de sécurité. Certains outils ne tombent toutefois sous le coup de cette interdiction qu’en fonction de leur usage, notamment les systèmes d’intelligence artificielle utilisés pour l’évaluation automatisée des données des employés, qu’il s’agisse de schémas visuels, de mouvements, de données vocales, de communication ou encore de résultats psychologiques.

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