A cause de l'IA, les prix de la mémoire grimpent en flèche
Le marché mondial des mémoires devrait atteindre 842,7 milliards de dollars en 2027, selon une analyse de TrendForce. Cette croissance annuelle de plus de 50% s’explique par l’essor des infrastructures d’intelligence artificielle, dont la demande massive en capacités mémoire contribue à la hausse des prix.
Le marché mondial des mémoires est engagé dans un cycle de croissance exceptionnel, porté par l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Selon un rapport du cabinet TrendForce, le chiffre d’affaires du secteur devrait atteindre 842,7 milliards de dollars en 2027, soit une croissance annuelle supérieure à 50%.
Dès 2026, le marché est attendu à 551,6 milliards de dollars, dans un contexte de déséquilibre durable entre une demande en forte accélération et des capacités de production limitées, alimenté par les investissements massifs dans les infrastructures d’IA.
La mémoire est un composant stratégique de l’IA
L’évolution des architectures d’IA modifie en profondeur les besoins matériels. L’augmentation des volumes de données, l’allongement des séquences d’inférence et la généralisation du calcul massivement parallèle renforcent la dépendance des systèmes d’IA à des mémoires DRAM à haute capacité, large bande passante et faible latence.
La NAND Flash s’impose en parallèle comme un composant critique pour le stockage à grande échelle et les transferts rapides de données, faisant de la mémoire un enjeu stratégique pour les fournisseurs de services cloud.
La DRAM concentre l’essentiel de la valeur
Après un début d’année 2025 marqué par des tensions géopolitiques et une demande atone sur les marchés grand public, la dynamique s’est nettement inversée au second semestre. Les fournisseurs de cloud nord-américains ont fortement relevé leurs dépenses d’investissement, accélérant le déploiement de serveurs d’IA et les achats de mémoire.
Dans ce contexte, la DRAM tire l’essentiel de la croissance du marché. TrendForce estime que ce segment a généré 165,7 milliards de dollars en 2025, soit une progression annuelle de 73%, largement supérieure à celle de la NAND Flash. Cette divergence pousse les fabricants à concentrer leurs investissements industriels sur la DRAM, en particulier les technologies DDR5 et à haute bande passante (HBM).
Cette montée en puissance se traduit par des hausses de prix d’une ampleur inédite, bien supérieures aux cycles historiques. La pression devrait se maintenir début 2026, certaines catégories de mémoire connaissant de nouvelles hausses très marquées. Sur l’ensemble de l’année, cette dynamique pourrait porter le chiffre d’affaires annuel de la DRAM à 404,3 milliards de dollars, soit une progression de 144% sur un an.
La NAND Flash portée par l’essor des architectures RAG
Du côté de la NAND Flash, la demande est portée par l’essor d’architectures d’IA reposant sur des agents capables de raisonnement à long terme. Ces systèmes s’appuient sur un accès fréquent à de vastes bases de données vectorielles, notamment dans les architectures de retrieval-augmented generation (RAG), ce qui renforce les besoins en SSD d’entreprise à haut niveau d’IOPS.
Dans ce contexte, TrendForce anticipe une hausse des prix de la NAND Flash de 55 à 60% au premier trimestre, suivie d’une tendance haussière sur le reste de l’année. Le chiffre d’affaires du segment devrait atteindre 147,3 milliards de dollars en 2026, soit une progression annuelle de 112%.
À l’échelle globale, TrendForce estime que les tensions sur l’offre de mémoire devraient se prolonger, laissant aux fournisseurs un fort pouvoir de fixation des prix. L’essor de l’IA ne se limite plus aux modèles et aux logiciels: il redéfinit en profondeur les architectures matérielles, faisant de la mémoire l’un des composants les plus critiques et les moins substituables de la chaîne de valeur technologique.
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