Pourquoi le canton de Vaud a écarté le DPI+ des HUG au profit d’Epic (update)
Fin septembre, le Parlement vaudois a donné son feu vert au dossier patient informatisé basé sur la solution Epic. Interpellé sur ce choix au détriment du DPI+ des HUG, le Conseil d’État vaudois a détaillé les limites de la solution genevoise et les avantages retenus pour le logiciel américain.
Mise à jour du 9 octobre 2026: Le Conseil d’État vaudois a précisé les raisons qui ont conduit le CHUV et les hôpitaux vaudois à choisir le logiciel américain Epic pour remplacer leur dossier patient informatisé (DPI). Dans une réponse à une question parlementaire du député Fabrice Moscheni, adoptée le 7 octobre, le gouvernement indique que les critères déterminants concernaient principalement l’intégration de la solution et sa capacité de déploiement.
Le Conseil d’État révèle qu’aucune comparaison fonctionnelle détaillée entre Epic et le DPI+ des HUG n’a été réalisée. Les HUG n’avaient en effet pas soumis d’offre dans le cadre de l’appel d’offres. Ils avaient uniquement transmis, hors délai, une présentation générale de leur solution.
Selon le gouvernement, six des 21 groupes de fonctionnalités spécialisées du DPI+ nécessitent des applications tierces, notamment pour l’anesthésie, les blocs opératoires et les soins intensifs. Epic présente à l’inverse l’avantage d’une solution intégrée, limitant le recours à ces applications.
Le Conseil d’État souligne également la méthodologie éprouvée d’Epic pour des déploiements multi-établissements en deux à trois ans. Un codéveloppement avec les HUG aurait nécessité un changement de stratégie informatique incompatible, selon lui, avec les délais de remplacement du système Soarian. Les établissements auraient en outre assumé la responsabilité de la certification des modules considérés comme des dispositifs médicaux.
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Mise à jour du 23 septembre 2026: le Grand Conseil vaudois valide le nouveau dossier patient basé sur Epic
Selon le procès-verbal officiel de la séance du Grand Conseil du 22 septembre, le Parlement vaudois a définitivement adopté les crédits et le cadre de gouvernance du nouveau dossier patient informatisé reposant sur la solution de l’éditeur américain Epic, destiné au CHUV et à onze établissements de la FHV. Le Parlement a parallèlement modifié le financement du projet, toujours chiffré à 207,6 millions de francs, et renforcé les dispositions relatives à la souveraineté et à la protection des données. Le dispositif prévoit notamment le respect de recommandations fédérales en matière de stockage souverain, l’intégration d’un expert juridique spécialisé en protection des données dans la gouvernance et un audit externe annuel.
News du 26 août 2026: Le Grand Conseil vaudois a accepté mardi d’entrer en matière sur le premier projet de décret concernant le remplacement du dossier patient informatisé (DPI) du CHUV et de onze établissements de la Fédération des hôpitaux vaudois informatique (FHVI), rapporte la RTS. Le vote a été acquis par 93 voix contre 43 et 5 abstentions.
Ce vote intervient alors que le système actuel, Soarian, arrive en fin de vie, avec un arrêt du support et de la maintenance à l’horizon 2027. Distinct du dossier électronique du patient (DEP), le DPI est l’outil interne utilisé pour le suivi médical des patients. Pour lui succéder, le Canton a lancé un appel d’offres qui a rapidement été contesté par l’éditeur genevois Kheops. Après le rejet de ses recours par le Tribunal fédéral en 2025, le marché a finalement été attribué à Epic en novembre. En février, le Conseil d’Etat a ensuite soumis au Grand Conseil un investissement total de 207,6 millions de francs pour la mise en œuvre du nouveau système.
Lors des débats de mardi 25 août, le montant de l’investissement s’est ajouté aux réserves concernant la dépendance envers le fournisseur américain. Plusieurs députés redoutent une dépendance financière et technologique pendant au moins quinze ans, ainsi que des risques pour la souveraineté numérique et la protection des données. Les discussions ont notamment porté sur le Cloud Act, qui permet aux autorités américaines d’exiger des données auprès d’entreprises établies aux Etats-Unis. Le risque de surcoûts a également été évoqué, de même que l’adéquation d’un même système au CHUV et aux établissements vaudois de plus petite taille.
Les défenseurs du projet ont de leur côté rappelé qu’Epic avait été retenu à l’issue de la procédure d’adjudication et qu’il était déjà utilisé dans des hôpitaux à Zurich, Berne et Lucerne. Face aux inquiétudes concernant les données, ils ont fait valoir que celles des établissements vaudois seraient hébergées en Suisse et soumises au droit helvétique.
L’examen du projet se poursuit
Plusieurs amendements sont annoncés pour la suite de l’examen, notamment sur le financement et la gouvernance. L’un d’eux, déjà accepté en commission, prévoit d’affecter 63 millions de francs provenant d’une tranche de la BNS à l’investissement total afin d’alléger la charge supportée par les hôpitaux.
L’issue parlementaire pourrait par ailleurs ne pas clore le dossier. Selon la RTS, les Vert’libéraux ont averti qu’ils pourraient lancer un référendum si le Grand Conseil valide le choix d’Epic.