Le CHUV développe une IA pour analyser les incidents critiques
Sous la direction du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), un assistant IA destiné à analyser les événements indésirables signalés dans les hôpitaux est en cours de développement. Il traitera notamment les signalements d’erreurs médicamenteuses, de chutes ou de comportements violents et proposera des mesures correctives adaptées. La Confédération soutient le projet à hauteur d’environ 480'000 francs.
Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) annonce le développement de «LLM4CIRS» (Large Language Model for Critical Incident Reporting Systems), un assistant IA multilingue destiné à faciliter l’analyse des événements indésirables signalés dans les hôpitaux. Le projet vise à aider les établissements à tirer plus rapidement des enseignements de ces signalements.
Selon l’établissement, un hôpital universitaire recueille chaque année plusieurs milliers de signalements de ce type. Ils peuvent notamment concerner des erreurs médicamenteuses, des chutes ou des comportements violents, avec ou sans conséquences. Leur documentation permet d’identifier les causes de ces événements et de limiter leur répétition.
L’analyse de ce grand nombre de signalements demande toutefois beaucoup de temps, explique Joachim Rapin, responsable du projet. Parallèlement, les hôpitaux doivent privilégier des mesures correctives dont l’efficacité est scientifiquement démontrée. L’IA répondra à ces deux enjeux.
Un déploiement dans trois hôpitaux
Le CHUV coordonne ce projet national avec des hôpitaux, des partenaires académiques, la Fondation Sécurité des patients Suisse et l’Organisation suisse des patients. L’assistant IA sera utilisé au CHUV, à l’Hôpital universitaire de Bâle et au sein de l’Ente Ospedaliero Cantonale (EOC), le réseau hospitalier tessinois.
La solution intégrera également des données provenant de deux systèmes de signalement interinstitutionnels. Le premier est CIRRNET, le réseau national de signalement des incidents critiques coordonné par Sécurité des patients Suisse. Le second, «PatBox.ch», est une plateforme qui recueille les incidents signalés par les patients au cours de leur prise en charge.
La Commission fédérale pour la qualité (CFQ) prend en charge environ la moitié des coûts du projet, soit quelque 480'000 francs. Selon la CFQ, ce financement couvre la période du 1er avril 2026 au 31 mai 2028. Les partenaires du projet assument les coûts restants.
Un LLM pour analyser et comparer les incidents
Le développement technique est principalement assuré par le Biomedical Data Science Center, une structure commune au CHUV et à l’Université de Lausanne. L’IA sera notamment entraînée à catégoriser les différents types d’événements indésirables, à alimenter leur analyse et à proposer des mesures issues de la littérature scientifique. Selon la Commission fédérale pour la qualité, le système identifiera également des cas antérieurs similaires, signalera des risques et proposera des mesures correctives adaptées.
Les professionnels de santé pourront accéder à l’assistant via une interface de chatbot multilingue. La solution sera sécurisée afin de garantir la confidentialité des données et s’adressera en particulier aux professionnels impliqués dans les processus de qualité au sein des établissements participants. Une fois l’outil déployé dans les trois hôpitaux, l’Institut universitaire de formation et de recherche en soins (IUFRS) de l’Université de Lausanne évaluera la solution en conditions réelles.
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