Genève se dote d’une stratégie de souveraineté numérique
Genève se dote d’une première stratégie de souveraineté numérique. Le canton entend mieux encadrer ses choix technologiques, la gestion de ses données et ses dépendances aux fournisseurs, tout en préparant une extension progressive de la démarche à l’ensemble des collectivités publiques genevoises.
Le canton de Genève publie sa première stratégie de souveraineté numérique. Selon un communiqué de l'Etat de Genève, ce document, élaboré par le Département des institutions et du numérique (DIN), définit un cadre destiné à orienter les choix technologiques et la gestion des données de l'administration cantonale.
La stratégie fournit des repères communs pour orienter les décisions importantes en matière de numérique. Elle prévoit notamment d'évaluer les risques liés aux technologies utilisées, d'adapter les choix en fonction de l'importance des services concernés et d'éviter les situations de dépendance difficilement réversibles.
Elle repose sur plusieurs principes, parmi lesquels l'adaptation des exigences à la sensibilité des données et des services, le maintien d'un contrôle effectif sur les systèmes utilisés, le recours à des solutions capables d'évoluer ainsi que la prise en compte des enjeux techniques, économiques et environnementaux. Le document couvre notamment le cloud, les données, la cybersécurité, la cyberadministration, l'intelligence artificielle, l'open source, le numérique responsable, le cadre juridique et les compétences numériques.
Selon l'Etat de Genève, cette démarche répond à un constat: les prestations publiques reposent de plus en plus sur des systèmes numériques complexes, qu'il s'agisse des démarches en ligne, des outils de travail, de la gestion des données ou de l'intelligence artificielle. Si ces technologies améliorent l'efficacité des services publics, elles créent aussi de nouvelles dépendances et des risques que le canton entend mieux maîtriser. La souveraineté numérique est ainsi présentée comme un enjeu de gouvernance, au-delà de la seule technique.
«Avec cette stratégie, nous voulons garantir que le service public reste libre de ses choix numériques et puisse en assumer les conséquences dans la durée. Il s'agit de renforcer la confiance de la population dans l'action publique face aux enjeux du numérique», déclare Carole-Anne Kast, conseillère d'Etat chargée du Département des institutions et du numérique, citée dans le communiqué.
Le communiqué précise également que l'Office cantonal des systèmes d'information et du numérique (OCSIN) joue un rôle central dans cette démarche. Il contribue à la cohérence des choix techniques, à la sécurité des systèmes et à l'accompagnement des services numériques de l'administration.
Pour les usagères et usagers, le canton met en avant des bénéfices attendus sur la continuité et la fiabilité des services numériques, le renforcement de la protection des données, une meilleure gestion des incidents et des crises numériques, ainsi que la capacité de l'administration à préserver sa liberté de décision face aux grands acteurs technologiques. La stratégie vise également à favoriser des solutions diversifiées afin de limiter la dépendance à un nombre restreint de fournisseurs.
Dans un premier temps, la stratégie s'applique à l'administration cantonale. En parallèle de sa publication, elle est mise en consultation, selon l'Etat de Genève, auprès des principaux établissements publics autonomes et des communes afin d'en préparer le déploiement progressif à l'ensemble des collectivités publiques genevoises et d'harmoniser les critères guidant les choix numériques du service public. Le document est désormais disponible en ligne.
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