Des employés de Meta protestent contre le logiciel qui piste leur activité (update)
Meta a déployé dans ses bureaux américains un logiciel qui enregistre les mouvements de souris, les clics et les frappes clavier de ses employés. Une résistance se forme désormais au sein du personnel. Une pétition en ligne circule déjà.
Mise à jour du 18 mai 2026: Pour entraîner ses modèles d’IA à reproduire des comportements humains, Meta utilise aux États-Unis un logiciel de suivi capable d’enregistrer les mouvements de souris, les clics et les frappes au clavier de ses employés. Cette technologie fait toutefois l’objet de critiques en interne.
Selon Reuters, des employés de Meta ont distribué des tracts dans plusieurs bureaux américains afin de protester contre ce système de surveillance et inciter leurs collègues à signer une pétition en ligne.
Ces protestations illustrent les tensions grandissantes autour de l’usage de l’IA au sein du groupe. Depuis plusieurs mois, des employés critiquent les suppressions de postes liées à l’automatisation croissante. Fin avril 2026, Meta a annoncé la suppression de 10% de ses effectifs. Selon Reuters, certains salariés craignent désormais que les données collectées via ce logiciel servent à entraîner des systèmes d’IA susceptibles de remplacer une partie du personnel.
Meta continue toutefois de défendre cette technologie. Le groupe a indiqué à l’agence de presse que les agents d’IA ont besoin d’exemples concrets de la manière dont les humains utilisent les ordinateurs.
La résistance s'organise, aussi hors des États-Unis
Les contestations s'étendent également en dehors des États-Unis. Selon Reuters, des employés de Meta au Royaume-Uni mènent actuellement une campagne de syndicalisation avec le soutien d’une organisation de travailleurs. Ils auraient également créé un site web dédié afin de rallier de nouveaux membres.
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News du 27 avril 2026: Meta traque les mouvements de souris et les frappes clavier de ses employés
Meta va installer sur les PC de ses employés américains un logiciel de suivi baptisé Model Capability Initiative (MCI). Selon Reuters (paywall), qui cite un mémo interne, l’entreprise souhaite ainsi collecter des données d’entraînement pour ses modèles d’IA.
Les mouvements de souris, les clics et les frappes au clavier enregistrés visent à permettre l’amélioration de la capacité des agents IA à exécuter des tâches de manière autonome. Ceux-ci peinent encore à reproduire certaines interactions humaines avec un ordinateur, comme naviguer dans des menus déroulants ou utiliser des raccourcis clavier.
Dans un mémo distinct, également consulté par Reuters, le CTO de Meta, Andrew Bosworth, explique: «La vision vers laquelle nous tendons est celle où nos agents effectuent principalement le travail et où notre rôle consiste à les guider, à les superviser et à les aider à s'améliorer.» Le CTO ne précise toutefois pas comment cet entraînement doit se dérouler concrètement. Il indique toutefois que Meta entend faire preuve de «rigueur» dans la «collecte de données et l’évaluation de tous les types d’interactions générées dans le cadre du travail quotidien».
Le porte-parole de Meta, Andy Stone, a confirmé à Reuters que les données issues de MCI seraient utilisées pour l’entraînement de l’IA. Il assure toutefois qu’elles ne serviront pas à évaluer les performances des employés. Des mesures de protection seraient également prévues pour les «contenus sensibles», sans que l’entreprise ne précise quelles données pourraient être exclues de la collecte.
Qu’en est-il en Suisse ?
Alors qu’une tendance au suivi des employés se développe aux États-Unis, de telles pratiques pourraient contrevenir au Règlement général sur la protection des données (RGPD) dans l’Union européenne, selon les experts cités par Reuters, dont le professeur de droit Valerio De Stefano, de l’Université York à Toronto.
En Suisse, c'est l'article 26 de l'OLT 3 qui s'applique. Cette disposition prévoit «l'interdiction d'utiliser des systèmes de surveillance ou de contrôle destinés à surveiller le comportement des collaborateurs à leur poste de travail», précise le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT).
Restent autorisés les dispositifs mis en place pour des raisons de sécurité ou pour mesurer les performances, comme les badges électroniques d’accès ou les caméras de sécurité. Certains outils ne tombent toutefois sous le coup de cette interdiction qu’en fonction de leur usage, notamment les systèmes d’intelligence artificielle utilisés pour l’évaluation automatisée des données des employés, qu’il s’agisse de schémas visuels, de mouvements, de données vocales, de communication ou encore de résultats psychologiques.
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