Huit fournisseurs IA retenus par le Pentagone pour ses systèmes classifiés (update)
Huit entreprises tech, dont OpenAI, Google et Microsoft, collaboreront avec le Pentagone sur des projets d’intelligence artificielle. Ces accords visent à renforcer les capacités analytiques et décisionnelles des forces armées, tout en évitant une dépendance unique. Chez Google, la fuite de l’accord avait suscité une opposition interne, restée sans effet sur la décision.
Mise à jour du 5 mai 2026: Le Département américain de la Défense a annoncé récemment avoir conclu des accords avec huit acteurs majeurs de l’IA. Objectif déclaré: renforcer les capacités décisionnelles des forces armées dans des environnements opérationnels complexes. SpaceX, OpenAI, Google, Nvidia, Reflection, Microsoft, Amazon Web Services et Oracle fourniront des ressources pour intégrer leurs solutions dans des infrastructures parmi les plus sensibles. L’objectif est de permettre une exploitation avancée des données, d’améliorer la compréhension situationnelle et de soutenir la prise de décision, selon le Pentagone, qui entend ainsi limiter toute dépendance technologique en misant sur un écosystème diversifié de fournisseurs.
Pour rappel, le Pentagone a écarté les solutions d’Anthropic pour ses environnements classifiés, les qualifiant en mars de «risque de chaîne d’approvisionnement», sur fond de litige entre les deux parties. Le Chief Technology Officer Emil Michael a confirmé cette position à Reuters, tout en distinguant le cas de Mythos, le modèle d’Anthropic doté de capacités avancées en cybersécurité.
En outre, du côté de Google, la fuite de l’accord imminent avec le Pentagone a suscité des tensions en interne, plusieurs centaines d’employés ayant signé une lettre ouverte d’opposition (lire ci-dessous). Cette mobilisation n’a manifestement pas suffi à infléchir la position de la direction.
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News du 28 avril 2026: Grosses tensions chez Google autour d’un possible accord IA avec le Pentagone
Plus de 600 employés de Google, dont de nombreux membres de DeepMind, ont signé une lettre ouverte demandant à Sundar Pichai de refuser tout contrat avec le Pentagone impliquant l’usage de Gemini dans des environnements classifiés, rapporte le Washington Post. Les signataires craignent que ces accords ouvrent la voie à des usages liés aux armes autonomes létales ou à la surveillance de masse. Dans cette lettre, ils estiment que les projets classifiés empêcheraient Google de contrôler réellement l’usage de sa technologie. «Le seul moyen de garantir que Google ne soit pas associé à de tels dommages est de rejeter toute charge de travail classifiée», écrivent-ils, selon le quotidien américain.
OpenAI a pour sa part signé en février un accord pour fournir de l’IA dans des environnements classifiés. Son directeur général Sam Altman a affirmé que ce contrat excluait les usages liés à la surveillance de masse domestique et aux armes autonomes létales. Selon The Information, cité par le Washington Post, Google négocierait désormais un accord similaire avec le Pentagone pour des «classified workloads», ce qui a précisément motivé la lettre des salariés.
Le débat fait également écho au récent bras de fer entre Anthropic et le Pentagone. L’éditeur de Claude avait demandé des garanties contractuelles empêchant l’usage de sa technologie pour la surveillance de masse et les armes autonomes létales, avant d’être exclu des contrats de défense. Anthropic conteste désormais cette décision en justice.
Un revirement de doctrine chez Google
Google a déjà connu ce type de contestation interne. En 2018, l’entreprise avait renoncé à renouveler le projet Maven, un contrat avec le Pentagone portant sur l’analyse d’images de drones par intelligence artificielle, après des protestations de salariés. À l’époque, Google s’était engagé à ne pas utiliser son IA pour des armes ou des systèmes de surveillance.
Mais selon le Washington Post, ces limitations ont été supprimées l’an dernier. En décembre, Google a signé un accord autorisant le Département de la Défense à utiliser sa technologie Gemini, marquant un net changement de doctrine.