Plus de 200’000 francs de capital

Lancement officiel du Centre suisse pour la souveraineté numérique avec 31 partenaires (update)

par Alexia Muanza et René Jaun et Dylan Windhaber et traduction/adaptation ICTjournal

Malgré le refus d’Innosuisse de financer le projet début avril, le Centre suisse pour la souveraineté numérique (SDS) lance officiellement ses activités avec 31 membres fondateurs issus des autorités publiques, des entreprises IT et de fondations. Né comme un réseau informel en 2025, il entend développer des alternatives suisses autour de l’open source, du cloud et de l’IA.

(Source : freepik / freepik.com)
(Source : freepik / freepik.com)

Mise à jour du 29 avril 2026: Le Centre suisse pour la souveraineté numérique (SDS) a officiellement lancé ses activités. Ce lancement intervient malgré le refus d’Innosuisse, qui avait rejeté début avril la demande de financement des initiants. Le réseau avait alors choisi de poursuivre le projet en créant quatre groupes de travail consacrés à l’open source, à Opendesk, au Swiss Open Cloud Stack et à l’IA open source. Les participants réunis dans ces groupes constituent aujourd’hui le socle du nouveau centre.

La liste des membres fondateurs comprend 31 organisations. Parmi les autorités figurent le Commandement Cyber, le canton de Soleure, l’Office de l’informatique et de l’organisation du canton de Berne, l’Office de statistique du canton de Bâle-Ville ainsi que l’Organisation et informatique (OIZ) de la Ville de Zurich. Parmi les entreprises figurent Adfinis, Adnovum, APP, Arxio, Aveniq, AXc, BBV, Bedag, Begasoft, Cloud Services, Cloudscale, GBL, Infomaniak, Integon, Nexplore, Onzack, Open Circle, Phoeniqs, Powerbrain, Puzzle, Stepping Stone, Swisscom, TI&M, VSHN et Xoox. La fondation Switch fait également partie des membres fondateurs.

Selon le communiqué, les participants entendent coopérer autour des logiciels open source, des alternatives à Microsoft 365, des offres cloud suisses et de l'intelligence artificielle. Les membres fondateurs soutiennent également les travaux du centre sur le plan financier, avec des contributions totalisant plus de 200’000 francs. L'Institut de transformation du secteur public (IPST) de la Haute école spécialisée bernoise (BFH) en est l'initiateur. Grâce aux participations financières, l'IPST animera les réunions de travail, coordonnera les activités avec les développements internationaux et mettra en œuvre de nouvelles étapes pour promouvoir la coopération en matière de souveraineté numérique.

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News du 24 novembre 2025: En juillet 2025, plusieurs acteurs du secteur public – dont la Confédération (Département fédéral de justice et police), le département IT de la Ville de Zurich (OIZ), la Poste et la Haute école spécialisée bernoise (BFH) – ont lancé le «Réseau SDS – Suisse Digitale Souveraine». Cette plateforme vise à renforcer l’indépendance technologique du pays en réunissant autorités, entreprises et experts autour de thèmes comme la réduction de la dépendance aux fournisseurs étrangers, l’usage de technologies open source et l’exploitation souveraine d’infrastructures informatiques. Depuis sa création, le Réseau SDS n’a cessé de s’agrandir: selon son site officiel, plus de 100 organisations y sont aujourd’hui affiliées, parmi lesquelles de nombreuses autorités.

Dans un récent communiqué, le réseau souligne l’adhésion du canton de Berne, qui souhaite participer via son Office de l’informatique et de l’organisation (OIO) ainsi que par la conférence «administration numérique et TIC». eOperations Suisse, l'organisation qui vise à mettre en place des services administratifs numériques communs pour la Confédération, les cantons et les communes, fait également partie du réseau.

Dans un article publié sur Swissinfo, Thomas Fischer, directeur adjoint du OIO, avertit que la dépendance envers des entreprises technologiques étrangères représente un risque pour l’accomplissement des missions de la collectivité publique suisse. Le canton examine donc «dans la mesure du possible des alternatives souveraines, c'est-à-dire celles qui sont davantage sous contrôle suisse qu'aujourd'hui». Le directeur adjoint reconnaît toutefois qu’il n’existe actuellement aucune alternative réellement adéquate à la solution intégrée de Microsoft pour l’administration publique.

Le réseau SDS entend remédier à cette situation. Matthias Stürmer, cofondateur de l'Institut Public Sector Transformation de la BFH, explique à la rédaction: «À court terme, nous voulons montrer qu'il existe en Suisse à la fois une demande et une offre pour des solutions numériques souveraines. Notre réseau rassemble les autorités et les entreprises informatiques suisses. À long terme, nous voulons corriger la défaillance du marché causée par la position monopolistique d'un petit nombre de fournisseurs. Pour ce faire, nous souhaitons mettre en place des structures professionnelles».   

Concrètement, le réseau SDS ambitionne de se transformer en un «Centre pour une Suisse numérique souveraine» (Centre SDS), à l’image du centre allemand Zendis. Pour financer les travaux de création, les responsables prévoient prochainement de soumettre une demande à Innosuisse. Selon le site web du projet, le réseau est actuellement à la recherche de partenaires de mise en œuvre.
 

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