Vers un sauvetage étatique

Atos augmente ses besoins de liquidités: l'Etat français prêt à acquérir ses activités stratégiques (update)

Atos a mis à jour son plan d'affaires et a désormais besoin de 1,1 milliard d'euros de trésorerie. Après avoir accordé un prêt de 50 millions au groupe, l’Etat français lui a envoyé une lettre d'intention en vue d'acquérir ses activités considérées comme des impératifs stratégiques de souveraineté.

Le siège social d'Atos à Bezons, en banlieue parisienne. (Source: atos.net)
Le siège social d'Atos à Bezons, en banlieue parisienne. (Source: atos.net)

Mise à jour du 30 avril 2024: Toujours en mauvaise posture, Atos a revu à la hausse ses besoins de financement, dans le cadre d'un nouveau plan d'affaires dévoilé ce lundi 29 avril. Le groupe informatique français déclare avoir désormais besoin de 1,1 milliard d'euros de trésorerie pour financer ses opérations sur la période 2024-2025, contre 600 millions d'euros annoncés précédemment (lire ci-dessous). 

Atos a confirmé les déclarations médiatiques du ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, selon lesquelles la société a reçu une lettre d'intention non contraignante du gouvernement en vue de l'acquisition de 100 % de ses activités considérées comme des impératifs stratégiques de souveraineté. Il s'agit plus précisément des unités Advanced Computing, Mission-Critical Systems et Cybersecurity Products, qui font partie de la division BDS (Big Data & Cybersecurity) d'Atos SE. Le montant de cette proposition de rachat n’est toutefois pas précisé. Atos souligne accueillir favorablement cette lettre d'intention. Le processus de due diligence avec l'Etat français devrait débuter sous peu, en vue d'émettre une offre d'ici le début du mois de juin 2024.

Selon les propos de Bruno Le Maire sur la chaîne de télévision LCI, cette intervention permettrait d'éviter que des activités cruciales pour la France ne tombent entre les mains d'acteurs étrangers. Le gouvernement français est manifestement soucieux d'éviter toute fuite sur les activités stratégiques de l'entreprise, liées à la défense, à l'énergie nucléaire et à la cybersécurité, clarifie France Info. Avant de rappeler qu’Atos détient notamment des supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire et des contrats avec l'armée française et le ministère français de la défense. 

News du 9 avril 2024: Aidé par l’Etat français, Atos veut convertir la moitié de sa dette en actions

Dans la tourmente depuis de nombreux mois, Atos vient de dévoiler des détails de son plan de refinancement. Dans son communiqué, le groupe IT français précise que les mesures concernent l’ensemble de son périmètre d’activité et inclut donc son activité historique Tech Foundations (qui a fait l'objet de négociations avortées avec le milliardaire Daniel Kretinsky) et Eviden, sa division big data, cloud et cybersécurité, qui a un temps suscité l'intérêt d'Airbus. Pour mémoire, en janvier dernier, Atos a confié sa direction à son CFO en vue de renégocier sa dette de près de 5 milliard d’euros. 

Atos précise avoir besoin dans l'immédiat de 600 millions d’euros de liquidités pour le financement de ses activités 2024-2025. Mais aussi de «300 millions d’euros de nouvelles lignes de crédit renouvelable et 300 millions d’euros de lignes de garantie bancaire additionnelles». Le groupe a donc besoin au total de 1,2 milliard d'euros. 

Atos est parvenu à un accord de principe avec un groupe de banques, un groupe de détenteurs d’obligations et l’Etat sur un financement intermédiaire de 450 millions d’euros. Dans ce cadre, l‘Etat français a accordé un prêt de 50 millions d’euros. Dans un communiqué, le Ministère français de l'économie et des finances précise: «Ce prêt, qui sera octroyé aux entités qui portent notamment les activités de calcul haute-performance, s’accompagnera de l’émission, au profit de l’État, d’une action de préférence conférant un droit de regard renforcé de l’État sur ces actifs stratégiques».

Pour éponger la moitié de sa dette de moitié, Atos pourrait passer par une conversion de la dette en capital, rapporte le média économique Les Echos. Qui précise que ce scénario impliquerait que les créanciers deviennent actionnaires d'Atos. Un plan qui n’aurait pas l'adhésion de tous, notamment de l'Udaac (Union des actionnaires constructifs d'Atos), qui préférerait que le groupe cède ses activités aux Etats-Unis pour se recentrer sur l'Europe. Dans son communiqué, Atos indique que les parties prenantes existantes d’Atos SE et les investisseurs tiers peuvent soumettre des propositions de nouveaux fonds d’ici au 26 avril 2024. «Atos informera le marché en temps utile de l’avancée des discussions sur le refinancement, ce qui entraînera une évolution de sa structure de capital à la suite d’un accord global et final de refinancement, pouvant inclure l’émission de nouveaux titres de capital qui entraînera une dilution des actionnaires existants», souligne le groupe. 
 

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