Selon EY, l’IA crée davantage d’opportunités qu’elle ne supprime d’emplois en Suisse
L’IA fait désormais partie du quotidien professionnel en Suisse, selon une enquête d’EY. Mais peu d’entreprises l’ont intégrée à leur stratégie ou à leur modèle d’affaires. Les enjeux de données et de sécurité restent centraux. L'étude montre aussi comment l’IA commence à impacter les effectifs.
L’intelligence artificielle ne transforme pas seulement les outils de travail en Suisse, mais aussi les effectifs. Selon une enquête d’EY menée auprès de 604 personnes issues d’entreprises en Suisse, près d’un cinquième des répondants indiquent que leur entreprise a créé des postes supplémentaires en lien avec l’IA. Dans le même temps, 11% disent que des postes vacants n’ont pas été repourvus en raison de l’IA, tandis que 7% font état de suppressions de postes.
Cette évolution intervient alors que l’usage de l’IA s’est déjà largement installé dans le quotidien professionnel. Selon l’enquête, 89% des personnes interrogées utilisent des solutions d’IA dans leur travail. Les outils intégrés comme Microsoft Copilot ou Google Workspace avec Gemini sont les plus répandus, avec environ 70% d’utilisation. En outre, 35% disposent de licences d’entreprise pour des applications spécialisées comme ChatGPT Enterprise ou des outils comparables.
Pour autant, l’adoption reste inégale selon les entreprises. EY indique que 55% des répondants déclarent que des solutions d’IA sont déjà utilisées de manière ciblée dans leur entreprise. Mais seuls 9% estiment que l’IA fait déjà partie intégrante de la stratégie d’entreprise et qu’elle a transformé le modèle d’affaires. À l’inverse, 31% disent se trouver encore en phase de projet pilote ou de proof of concept, et 14% n’ont pas encore lancé d’initiative concrète.
«De nombreuses entreprises ont bien commencé à utiliser l’IA. Le véritable défi consiste toutefois à passer de cas d’utilisation isolés à une transformation évolutive à l’échelle de l’entreprise», déclare Adrian Ott, Chief AI Officer chez EY en Suisse.
Qualité des données et sécurité freinent toujours l’essor de l’IA
Selon le communiqué, les principaux freins ne relèvent pas d’un manque d’intérêt, mais de la mise en oeuvre. Les personnes interrogées citent d’abord la qualité des données et les silos de données (20%), devant les préoccupations liées à la sécurité et à la protection des données (19%) et le manque de personnel qualifié (18%).
La question de la souveraineté des données reste également centrale. EY rapporte que 51% des répondants jugent essentiel que les systèmes d’IA respectent les exigences suisses ou européennes en matière de protection des données et que les données soient traitées en Suisse ou dans l’UE. En parallèle, 56% souhaitent des investissements dans une infrastructure IA suisse, tandis que 40% se prononcent en faveur d’un alignement sur l’EU AI Act pour sécuriser les activités internationales.
Le communiqué d’EY souligne aussi qu’une part importante des entreprises ne sait pas encore mesurer l’impact de ces technologies. Au total, 42% des personnes interrogées disent ne pas pouvoir évaluer clairement les effets de l’IA sur les effectifs ou ne se prononcent pas. D’après le cabinet, ce résultat montre que beaucoup d’organisations se trouvent encore dans une phase précoce de transformation, où les conséquences concrètes sur le personnel restent difficiles à établir.
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