Stockage: comment Caeves veut réveiller les données dormantes pour l’IA
Fondée en 2025, la jeune pousse américaine Caeves propose une approche de stockage qui maintient les données accessibles et interrogeables, y compris à froid. La solution vise à activer les «dark data» et à les rendre exploitables pour des applications d’intelligence artificielle, sans modifier les environnements existants.
A l’occasion de l’IT Press Tour*, le 31 mars dernier à Sofia, la rédaction a assisté à la présentation de Caeves, une jeune entreprise américaine positionnée sur le stockage cloud et les infrastructures de données orientées IA. Fondée en 2025, la société s’attaque à un problème bien identifié dans les environnements IT: la sous-exploitation massive des données non structurées.
Selon les chiffres avancés par l’entreprise, entre 80 et 90% des données en entreprise sont non structurées et une grande partie n’est jamais réutilisée. Ces «dark data» restent stockées pour des raisons opérationnelles ou réglementaires, mais échappent largement aux outils d’analyse et aux initiatives liées à l’intelligence artificielle.
Activer les «dark data» sans changer les usages
Caeves entend combler ce fossé avec sa plateforme Intelligent Deep Storage. L’approche consiste à conserver les données dans des environnements de stockage optimisés, tout en les rendant directement accessibles et exploitables. Contrairement aux solutions d’archivage classiques, les fichiers ne sont pas relégués dans des couches d’archivage inaccessibles: ils restent indexés et interrogeables.
Sur le plan technique, la solution combine systèmes de fichiers traditionnels et stockage objet, avec un mécanisme de tiering automatique entre différentes classes (hot, cool, cold, archive). Ce déplacement des données s’effectue de manière transparente pour les utilisateurs et les applications, sans modification des workflows existants.
Lors de sa présentation, Jaap van Duijvenbode (Head of Product & Customer Experience) a insisté sur la gestion des métadonnées comme élément différenciant. Celles-ci sont conservées et activement indexées, permettant d’interroger les données sans devoir les restaurer au préalable. Un point souvent critique dans les architectures d’archivage traditionnelles.
Une brique pour les usages IA
L’un des objectifs affichés est de rendre ces données exploitables dans des cas d’usage liés à l’IA. La plateforme s’intègre nativement avec l’écosystème Microsoft, notamment via Microsoft 365, Copilot et Microsoft Graph. Les données historiques peuvent ainsi être mobilisées dans des recherches, des analyses ou des architectures de type Retrieval-Augmented Generation (RAG). L’entreprise cherche à transformer des archives passives en une base de connaissance exploitable par les outils modernes.
Le cofondateur de la jeune pousse du New Jersey a par ailleurs mis en avant un levier financier. Une part significative des budgets IT est consacrée au stockage de données rarement consultées. En automatisant leur migration vers des couches de stockage moins coûteuses, tout en maintenant leur accessibilité, la plateforme promet des réductions de coûts pouvant atteindre 70%.
Une stratégie centrée sur Azure
Caeves cible en priorité les entreprises évoluant dans l’écosystème Microsoft. La solution est déployée directement dans le tenant Azure du client, ce qui permet de conserver le contrôle sur les données, notamment en matière de sécurité et de conformité. Distribuée via le Microsoft Marketplace, elle repose sur un modèle d’entrée progressif, avec une capacité initiale gratuite destinée à faciliter les projets pilotes.
Si cette dépendance à Azure constitue un accélérateur commercial, elle pose aussi la question de l’ouverture à d’autres environnements, notamment dans un contexte européen marqué par les enjeux de souveraineté des données. A terme, l’entreprise prévoit toutefois d’ouvrir sa solution à d’autres environnements.
(*) Dans le cadre de cette 67ème édition de l’IT Press Tour, notre rédaction s’est rendue à Sofia, aux côtés d’autres journalistes européens, pour deux jours de rencontres avec six entreprises IT. Les frais de déplacement et d’hébergement ont été intégralement pris en charge par l’organisateur de l’événement.
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